Le moment de vérité en Ukraine
Depuis le 24 février 2022, le monde a les yeux tournés vers le
conflit ukrainien. Les Occidentaux soutiennent financièrement Kiev, lui
livrent des quantités invraisemblables d’armes et de munitions, mais
veillent à ne pas s’impliquer directement sur le théâtre des opérations.
Moscou reste patient et fait mine de ne pas voir les conseillers
militaires étrangers présents sur le terrain. Nous arrivons à un point
de basculement où les Occidentaux pourraient être précipités dans la
guerre par un usage délibéré de leurs armes contre la Russie sur son
territoire d’avant 2014. C’est pourquoi six États de l’UE recommandent
soudainement de négocier la paix et deux missions de bons offices sont
mises en place par la Chine et l’Union africaine.
Le point de basculement
Nous arrivons donc au point de basculement : encore un petit effort
occidental et les « nationalistes intégraux » ukrainiens généraliseront
la guerre, avec ou sans l’accord de leurs sponsors.
Selon Seymour Hersh (*) 2,
la Pologne a pris l’initiative de demander à l’Ukraine d’accepter un
cessez-le-feu et de négocier la paix. Sa démarche a été soutenue par
cinq autres membres de l’Union européenne : la Tchéquie, la Hongrie, et
les trois États Baltes.
Le journaliste états-unien n’a pas suivi la guerre de Syrie. Il n’a
pas conscience de la supériorité militaire russe et interprète cette
initiative comme une réaction au bain de sang de Bakhmout/Artemivsk.
Les
Polonais savent eux que les missiles hypersoniques Kinjal russes ne
manquent pas leur cible et que, pour le moment, ils ne peuvent jamais
être arrêtés. Au cours des derniers mois, ils ont méthodiquement détruit
de nombreux centres de commandement et dépôts de munitions.
Ce sont eux
qui viennent d’endommager une batterie Patriot. En l’état actuel des
forces, la guerre est perdue pour l’Ukraine. Si elle est généralisée,
elle sera perdue pour les Occidentaux. Les Polonais, jusqu’ici ardents à
se battre, ont immédiatement compris que l’on atteignait le point de
non-retour, au-delà duquel ils seraient pulvérisés.
(*) « The Ukraine refugee question », Seymour Hersh, Substack, Mai 17, 2023.
Source : https://reseauinternational.net/le-moment-de-verite-en-ukraine/