Aussi n’est-ce pas surestimer l’entreprise keynésienne que d’y voir une
véritable mutation de la pensée politique dans tous les Etats qui
échappent encore à l’emprise totalitaire. En donnant indûment aux
gouvernements le sentiment que, par l’investissement, ils avaient le
moyen de procurer l’expansion désirée et de bannir le chômage honni, la
doctrine du plein-emploi a ouvert toutes grandes les vannes de
l’inflation et du chômage. Elle est en train de détruire sous nos yeux
ce qui subsiste de la civilisation de l’Occident.
Jacques RUEFF (1976)
L’économiste du général De Gaulle, radical adversaire de Keynes, a dénoncé toute sa vie l’emprise démiurgique et totalitaire qu’offrait « l’injection monétaire » à ceux qui la dirigeaient. Il écrivait ailleurs : « Monnaie saine ou état totalitaire, il faut choisir ».
Il y avait le socialisme par étatisation brutale (soviétique) mais aussi le socialisme par prise de contrôle de la monnaie (keynésianisme). Toujours sous de nobles prétextes de fraternité et de justice sociale. Seule la rigueur monétaire et budgétaire rend aux hommes leur liberté (et leur dignité). Le retour au libéralisme traditionnel de l’Occident.