5/L’extension de l’OTAN jusqu’aux frontières russes n’est pour rien dans le conflit. FAUX !
https://arretsurinfo.ch/ah-les-cons-sils-savaient/
Attention, sujet délicat ! La reductio ad Hitlerum ou ad Stalinum
est généralement celle que vous servent les partisans de l’Ukraine
quand ils sont à bout d’arguments. On ne peut pas soutenir le nouvel
Hitler, on ne peut pas négocier avec l’héritier de Staline, on ne
saurait parler avec le terrifiant Sauron poutinien qui règne sur le noir
Mordor.
A ce stade, accordons-leur un point : oui la Russie n’est
pas une démocratie libérale. On peut y critiquer l’armée et le régime
mais à ses risques et périls (mais ni plus ni moins qu’en Ukraine : voir
supra). Certains médias d’opposition se sont exilés. Mais ne sont-ils
pas soutenus et financés par des capitaux étrangers, comme viennent de
le montrer les révélations de l’USAID ? Des manifestants anti-Poutine
ont été arrêtés et certains, comme Navalny, jugés et condamnés. Mais
Julian Assange et les Gilets jaunes français n’ont-ils pas subi le même
sort ?
Les élections russes seraient biaisées ? La belle affaire !
Que dire des élections moldaves, faussées par l’argent européen et le
manque d’accès aux urnes des centaines de milliers de Moldaves de
Russie ? Des élections géorgiennes, gangrenées par les ingérences et les
capitaux extérieurs ? Des élections roumaines, annulées après le
premier tour parce qu’elles allaient porter au pouvoir un candidat non
conforme ?
Est-ce de la faute de Poutine s’il est soutenu par plus
de 70% de la population, ainsi que le confirment les sondages
indépendants, alors que les dirigeants de l’Europe dite démocratique se
trainent à 20% ?
La presse ne serait pas libre en Russie ? Mais
que dire de la nôtre, qui bannit impitoyablement les voix critiques,
interdites d’antenne ou de colonnes dans les médias dominants ? Et
comment se plaindre du bannissement de certains journalistes occidentaux
en Russie quand d’innombrables médias et journalistes russes sont
interdits dans l’Union européenne ? Notre exemplarité laisse beaucoup à
désirer…
Quant à imposer l’autocratie à l’extérieur de la Russie,
il n’en a jamais été question. Au sein des BRICS, les Russes ne
s’ingèrent pas dans les affaires des autres. Ni eux ni les Chinois ne
cherchent à convertir à l’autocratie l’Inde, le Brésil ou l’Afrique du
Sud.
Guy Mettan, journaliste indépendant et homme politique