Au moment de la Grande Migration, à l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, je m’en vais observer ce phénomène rare mais néanmoins émouvant qui voit soudain débouler sur la grande piste (2x3 voies) des cohortes d’animaux rugissants, qui ne se rassemblent avec un telle densité qu’à de rares occasions dans l’année.
Au début, ces bestioles pleines d’énergie filent en donnant l’impression de se poursuivre jusque dans les confins.
Et puis, les heures passent et le gros du troupeau arrive, spécimens passant par toutes les nuances de gris avec parfois des individus de couleur, sans doute une mutation.
Les scientifiques ont bien donné un nom savant à cette espèce, (Solidus Universalis Véhiculus) mais n’ont pas su expliquer pourquoi, vers midi, elles se regroupaient en masse compacte, grognant et poussant des barrissement aigus, tout en restant quasiment immobiles de longs moments.
Est-ce un rituel de séduction précédant l’accouplement, sont-elles entravées dans leur course vers la mer comme le sont les lemmings, par l’instinct de conservation ?
On se perd en conjectures...