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Paradisial Paradisial 30 juin 2007 12:48

Gazi Borat,

Salut grand frère. Personnellement je ne suis plus disposé à répondre ni à Koton ni à Thierry Jacob ; ce ne sont pas des personnes disposées à quelconque échange. Ce serait une perte de temps et d’énergie que de vouloir leur expliquer quoi que ce soit.

Votre admiration de Najib Mahfoudh me fascine. Cet écrivain est énormément intéressant, ainsi que le large registre de la littérature égyptienne contenant des noms illustres, tels Tawfiq Al Hakim, Taha Husseïn, Ahmad Chawqy, My Ziyadah.... (la liste est longue).

Hélas je ne connais pas assez bien Najib Mahfoudh (j’aurais bien aimé cela), je ne suis pas de formation littéraire ; ses écrits sont souvent inscrits dans les programmes des pays arabes. J’étais excellent en arabe, j’ai certainement lu un peu Najib, mais j’ai très faible mémoire littéraire.

Le livre de Najib Mahfoudh auquel tu fais allusion n’a été décrié que par quelques religieux, question de se donner une légitimité en créant un certain passage. Najib Mahfoudh demeure toujours dans la mémoire vivante arabe, et celle égyptienne en particulier : il est une fierté nationale et celle du monde panarabe.

Des films de Foutuwwate regardés durant mon enfance je m’en souviens éphémèrement, ils brossent un regard assez décalé, et parfois annedotique et exagéré de la vie dans les anciens quartier égyptiens d’antan : le foutouwwa était une sorte d’agent de sûreté civile (parfois autoproclamé par la force, parfois élu par les gens du quartier). Certains films égyptiens étaient des rédaptations de pas mal de films de Najib Mahfoudh.

Mohammad Abdel Wahab demeure un chanteur classique toujours aimé par les grands nostalgique, et les jeunes n’en cesse de le découvrir sur les écrans et à travers des reprises faites par des chanteurs récents : sa chanson Min Ghir Lih est encore diffusée ; ses interrogations : je ne sais pas d’où je parviens, ni où je vais, ni pourquoi, ni, ni.... ne remettent pas en cause des considérations religieuses, mais sont des exclamations destinées à l’objet de son amour, qui tellement foudroya son coeur qu’il en devient un fou en déshérence passionnelle ; un Mjnun comme le dirait Armand. smiley

La formule utilisée par ledit maître soufi est très répandue dans le cortex religieux, tout le monde l’utilise :

    da’oufa as-ssa-ilou wa al-matloub

    Faible est celui qui sollicite, mais ô combien plus faible celui qui est sollicité

Entend que celui qui est en déshérence devrait s’adresser non pas à un Homme (qui pourrait être tout aussi en déshérence que lui) mais au Créateur Tout Puissant : le seul digne à être sollicité pour toute aide. Ce n’était pas un refus ; mais une reconnaissance de l’humilité et de la faiblesse de l’être humain.


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