On comprend l’exaspération, voire la colère, de certains citoyens qui sautent le pas pour se transformer en « justiciers ».
Or, rien n’est plus dangereux car lesdits citoyens n’ont, le plus souvent, qu’une vision tronquée des faits, et surtout du contexte dans lequel ils ont été commis.
Parler de « minimisation » des faits par la Justice est spécieux. Certes, c’est le cas parfois — trop souvent, même —, mais on voit également l’inverse dans les tribunaux, à savoir des charges très dures contre les justiciables.
En réalité, il existe de très grandes disparités entre les ressorts judiciaires, ce qui fait par exemple qu’à circonstances identiques et profil analogue des délinquants, la hauteur des peines prononcées va parfois du simple au triple selon que l’affaire a été jugée à Aix, à Arras ou à Versailles.
Il y a là un vrai problème de politique pénale.
Sur les motivations des « justiciers », pas de naïveté : il est probable que la majorité agisse en toute bonne foi, mais il existe également des « allumés », prêts à en découdre en saisissant des prétextes.