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L’enlèvement de Nicolás Maduro
par Thierry Meyssan

https://www.voltairenet.org/article223456.html

L’opération « Détermination absolue » n’est pas plus une invasion du Venezuela que l’opération militaire spéciale russe serait une invasion de l’Ukraine. C’est le jeu normal des puissances face à une menace existentielle.
Nicolás Maduro est le président du Venezuela, même si les États-Unis et l’UE ne le reconnaissent pas. Sa qualité de président ne le protégeait donc pas de l’inculpation dont il faisait l’objet aux États-Unis.
Washington avait le droit de faire stopper l’aide du Venezuela au Hezbollah, non pas parce qu’il n’apprécie pas la Résistance libanaise, mais parce que celle-ci impliquait la livraison de drogue aux États-Unis et, donc, menaçait leur sécurité.
Il n’en reste pas moins que cette opération est un camouflet pour le peuple vénézuélien et rendra difficile le redressement de ce pays.

Après l’enlèvement de Nicolás Maduro, la présidente par interim Delcy Rodríguez a téléphoné au secrétaire d’État Marco Rubio pour s’assurer de la suite des opérations. Puis, elle s’est adressée à la Nation en rappelant que Maduro restait le seul et unique président du Venezuela.

Le président du Vénézuela, Nicolás Maduro Moros, a été enlevé par l’armée des États-Unis, le 3 janvier 2026, et transporté à New York où il a été inculpé pour narcoterrorisme et importation de cocaïne aux États-Unis.

Pour analyser cette nouvelle, nous devons nous garder des grilles de lectures habituelles en Amérique latine. Cet enlèvement n’a pas forcément de rapport ni avec la traditionnelle opposition entre les enfants des indigènes et ceux des colonisateurs, ni avec le corolaire Roosevelt de la doctrine Monroe, ni avec la lutte pour le pétrole.

Je me fonderai sur ma connaissance de ce pays. J’ai été un ami personnel du président Hugo Chávez Frias (décédé en 2013). Contrairement à ce que l’on dit, je ne pense pas que Maduro soit un « cháviste », même s’il l’a été par le passé.

J’ai été invité par Nicolás Maduro, en 2017, à Caracas, pour une rencontre d’intellectuels comme il en a organisées un grand nombre. J’y suis allé, non pas pour cette rencontre, mais pour prononcer une conférence devant l’état-major des armées. À l’époque, le straussien Elliott Abrams préparait une invasion du Venezuela. Il avait été chargé par le président Donald Trump, dont c’était le premier mandat, du dossier vénézuélien. Je souhaitais organiser une visite des officiers supérieurs de ce pays en Syrie, afin qu’ils puissent visualiser les méthodes utilisées par le Pentagone avec les jihadistes. En quelques heures, je me suis rendu compte que les intellectuels invités par Nicolás Maduro ne comprenaient absolument rien à la situation géopolitique du moment. L’entourage du président Maduro a alors empêché que je puisse m’adresser à l’état-major. J’ai rencontré quantité de diplomates et de d’officiers qui me sont tous apparus comme très compétents et insatisfaits du président. Je l’ai rencontré et j’ai eu l’impression de parler à un acteur, pas à un homme politique. Cette visite n’a pas eu de suite.


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