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Achéron 19 juillet 2007 13:11

Vous confondez deux concepts : l’assymétrie et le rapport des forces en présence.

Ce que vous appelez « Assymétrie » et assimilez comme tel est en fait le Rapport de Forces (le RAPFOR en jargon militaire)

Il constitue la différence qu’il peut y avoir entre 2 armées disposant de moyens et de matériels similaires mais d’effectifs inégaux. Le RAPFOR est systématiquement recherché dasn l’action offensive des armées. On estime qu’un RAPFOR est favorable àl’attaquant quand le ratio est de 1 pour 3 en rase campagne, de 1 pour 8 sur une zone de retranchements ou urbanisée. Pour illustrer mes propos, l’opération Soviétique URANUS qui a désenclavé Stalingrad en 1943 ne relève pas de l’assymétrie mais du simplement du RAPFOR : avoir un avantage numérique en un point précis du champ de bataille et en un moment précis de la bataille afin de créer un déséquilibre entraînant la rupture inévitable de la ligne de front ou de la cohérence d’un ensemble d’unités ennemies.

L’Assymétrie des force fait, elle, référence non pas à la disproportion des forces mais à celle des moyens engagés depar et d’autre des belligérants, comme dans le cas des Russes en Tchétchénie, des Américains en Irak voire même pour démontrer que le fait n’est pas nouveau, au Zoulouland et en Afrique du Sud avec les anglais au XIXe siècle... L’ennemi assymétrique est généralement un belligérant de type « irrégulier », très limité en terme de moyens techniques conventionnels (ce qui ne veut pas dire qu’il n’utilisera pas de moyens technologiques modernes, mais simplement moins élaborés ou détournés de leur fonction initiale : comme le téléphone portable en guise de moyen transmission, par exemple) et qui va mettre en oeuvre des techniques de combat radicalements différentes de ce qui se pratique dans des armées régulières s’affrontant face à face (Cf. Le modèle occidental de la guerre, par Victor Davis Hanson qui illustre parfaitement les différences dans le concept de la guerre « honorable » qu’il y a entre l’Occident et l’Orient).

Dans les cas d’actualité qui nous occupent, le conflit irakien actuel (pas celui rencontré au cours de la 1ère guerre du Golfe ni pendant l’offensive américaine sur les troupes régulières de Saddam Hussein lors de la seconde), la rébellion irakienne est de type assymétrique, tout comme la résistance française entre 1940 et 1945, employant les mêmes moyens, même si les méthodes changent quelque peu... (j’ai bien conscience de titiller un truc tabou, « tabou portant » même, dans ce cas précis smiley). C’est pourquoi (mais ça n’engage que moi) une attaque de rebelles irakiens contre les forces américaines stationnées en Irak (considérées comme étant d’occupation par les « indigènes ») ne peut être qualifiée d’acte de terrorisme, même si les moyens employés sont les mêmes, a contrario de ceux visant la population locale issue d’une ethnie ou de religion différente afin d’y assoir le point de vue d’une faction extrémiste. Le fait qu’il n’y ait pas qu’un seul type d’organisation à contrecarrer, mais une « foultitude », explique aisément pourquoi les américains sont un peu dans le gaz et que les « RETEX » (retours d’expériences) qui en émanent, au même titre que ceux des forces russe à propos de Grozny, intéressent tous les hauts-commandements occidentaux qui ont une conception différente des « orientaux » à propos des méthodes de combat, les leurs étant étant directement héritées du modèle hoplitique grec (toujours voir dans le « Hanson »). Al Quaida, par exemple est un cumulatif des 2 : un ennemi assymétrique de type terroriste (sachant que le motif originel qui a fait verser Ben Laden dans le terrorisme international est la présence de l’armée américaine en Arabie Sahoudite, qu’il considère également comme une force d’occupation de son pays...)


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