@ Marie Pierre & Marsupilami
J’approuve : longtemps Rivera, Orozco et Siqueiros étaient mis en avant et Frida Kahlo peu connue du grand public.
La grande campagne marketing d’objets dérivés en lien avec le film change actuellement la donne..
@ Cosmic Dancer, Demian West & Marsupilami
A vous trois, vous avez soulevé des problématiques passionnantes concernant ce couple d’artistes..
Cosmic Dancer a évoqué ces compagnes d’artistes et la difficulté d’une appréciation autonome de leurs oeuvres.. mais aussi induit la problématique du rapport de couple hétérosexuel dans un contexte de création et de notoriété artistique..
Demian West, en bon historien de l’Art a évoqué la hiérarchisation officielle qui veut que l’oeuvre de Rivera soit prééminente sur celle de Frida K. en ajoutant, de plus, les liens de Diego R. avec André Breton, le « Joseph Staline » du Surréalisme.
A ce sujet, André B. devait présenter des tendances à un certain machisme, car peu d’artistes féminines ont eu la grâce d’accéder à son panthéon.
Enfin, Marsupilami, a introduit une dimension politique, en montrant que le capitalisme inversait ce rapport de notoriété bien établi et en évoquant le rapport au Communisme (entendez : l’Union Soviétique) des deux artistes, qui constituait la dernière composante de ce que l’on pourrait envisager comme « un trio amoureux ».
N’en déplaise à certains, le couple Diego-Frida ne fut guère heureux.
Dire que Rivera apporta beaucoup à sa compagne est vrai, mais l’on peut dire aussi que les avions de la Légion Condor, en détruisant Guernica, apportèrent beaucoup à l’œuvre de Pablo Picasso.
Les grands créateurs comme Rivera ont souvent des personnalités dotées de tendances à l’égocentrisme et au narcissisme et aussi une certaine faiblesse qui veut qu’une présence fidèle à leur côté leur apporte un étayage certain. C’est parfois, outre l’amour fou, ce qui se cache derrière le mythe de la « Muse ».
Le rapport ambivalent de Frida Kahlo avec la souffrance, parfaitement lisible dans son œuvre, devait aussi s’alimenter de sa relation orageuse avec Diego Rivera et ne devait pas être exempt d’un certain masochisme.
Sa douloureuse quête de la maternité, sa frustration continuelle à ce sujet, devait aussi jouer dans son attachement à cet égoïste jouisseur qu’était Rivera, enfant de substitution idéal.
Frida ne pouvait ainsi que, patiemment, supporter ses frasques, comme une victime qui le cherche trouve toujours son bourreau..
Il est ainsi connu de témoins de l’époque qu’il ne se gènait pas pour coucher avec les jeunes beautés indiennes qui lui servaient de modèles, avant de revenir vers sa patiente compagne..
Peu d’artistes ont eu le mérite de reconnaître leur dette à l’égard de celles qui pouvaient constituer leur soutien. Salvador Dali l’a fait pour Gala, dont l’amour fou qu’il éprouva pour elle dit-il, le sauva à un moment critique de sa vie, du basculement dans la folie. Il l’épousa même deux fois, en s’arrangea pour rester dans les canons de l’Eglise..
Sartre fut de même assez ignoble avec Simone de Beauvoir, dont je persiste à croire qu’elle était plus brillante que lui et que l’Histoire a placé au second rang.
Bertold Brecht, avec les actrices du Berliner Ensemble, Nazim Hikmet avec son épouse et ses conquêtes, furent, eux aussi, de grands égoïstes et manipulateurs de psychés féminines..
Quant à la troisième composante de ces couples (j’exclus, le couple Salvador/Gala) et son influence dans une certaine création artistique de cette époque : le Komintern, il est largement présent dans la relation de D. Rivera et F. Kahlo, et mériterait un plus ample développement..
gAZi bORAt