« Ainsi, c’est la quintessence de l’âge d’or des Flamands qui nous regarde droit dans les yeux et, par-delà, les siècles accumulés. »
Phrase bancale, Démian : on a l’impression que ce sont « les siècles accumulés » qui nous regardent dans les yeux alors que vous voulez dire quelque chose comme : « l’art flamand dans ce qu’il a de plus essentiel nous regarde droit dans les yeux malgré les siècles qui nous en séparent ». Soignez vos virgules, voyons.
Frans Hals et Rembrandt ne sont pas des « termes » mais des « peintres », des « maîtres » ou des « figures ». Intrusion malencontreuse du vocabulaire mathématique.
« il sut y ajouter cette lumière dorée qui jette le souffle sur le tableau comme Dieu lui-même jeta son souffle sur la glaise adamique. » Métaphore ratée : une lumière n’a pas de souffle.
« en coulisse du théâtre de l’art qui est un marché jaloux et dévorateur » : y a-t-il d’autres théâtres de l’art qui ne soient pas jaloux et dévorateurs ? Il faut une virgule avant le relatif, Dédé chéri. C’est une « non defining relative clause ».
Plutôt que l’insecte, c’est l’oiseau qui vient à l’esprit pour une expression telle que « frapper sa proie ».
« Peignant » : NOOOOOOON ! Peintre, svp.
« En conséquence, le portrait est une couche inframince sur la toile, qui voyage à l’intact par-delà le temps mesurable. Et qui préfigure les promesses résurrectives de chaque individu dans l’histoire. Par le biais de l’ADN et des informations génétiques qui sont contenues dans nos cellules reproductrices, et qui sont les »nanoportraits« ultimes de nous-mêmes. »
Vous avez gardé le meilleur pour la fin

Je sens contre Démian West des flots de haine qui m’étouffent. Il me monte de la merde à la bouche, comme dans les hernies étranglées. Mais je veux la garder, la figer, la durcir. J’en veux faire une pâte dont je barbouillerais ses articles, comme on dore de bouse de vache les pagodes indiennes.
(Flaubert retouché)