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Jacques Kotoujansky Jacques Kotoujansky 19 août 2007 14:10

Je continue la suite de mon schéma explicatif sur l’origine de la construction fédéraliste en Europe. Dans la 1ère partie, j’ai rappelé que les Nations (sauf la nôtre...) ne connaissent que leurs intérêts). Application :

2ème partie : Etats-Unis - Allemagne - France : le conflit d’intérêts.

LE PROJET AMéRICAIN D’UNIFICATION EUROPéENNE était contenu en germe dans les 14 points du discours du président américain Wilson du 8 janv. 1918, marquant l’émergence des E-U sur la scène mondiale. Le point 3 prévoyait la libre-circulation (le libre-échangisme) et le point 5 l’accès aux marchés des matières premières des empires coloniaux (Grande-Bretagne, France, Belgique, Hollande). A cette époque, la France, vainqueur incontestable de la Grande Guerre, définissait elle-même sa politique envers l’Allemagne (traité de Versailles, occupation de la Ruhr, réparations allemandes). Dès l’entre-deux-guerres, les organisations patronales des deux côtés de l’Atlantique avaient choisi leur stratégie pour l’avenir : LA LIBRE CIRCULATION DES CAPITAUX (par l’abolition des règlementations nationales) et LA DéFLATION SALARIALE (par l’intégration d’Etats à main-d’oeuvre pauvre et abondante, et plus tard en favorisant l’immigration massive en provenance d’Afrique, pourvoyeuse de l’armée de réserve des chômeurs et de la dépersonnalisation européenne).

Cet objectif se heurtait encore à la résistance française. La Seconde Guerre mondiale, avec la défaite de la France puis la contrepartie politique du plan Marschall, permit aux E-U avec pour allié Londres, de reprendre la marche vers cet objectif avec une donnée nouvelle : ILS AVAIENT DéSORMAIS CHOISI L’ALLEMAGNE (pour longtemps entravée par sa culpabilité historique, dépourvue d’empire colonial, interdite d’armement nucléaire et donc dépendante des E-U pour sa défense ultime) pour être leur docile Cheval de Troie dans la fédération européenne à bâtir. De cette longue marche, la CECA (émanation internationale du Comité des Forges patronal) fut le premier acte, sous l’impulsion de Robert Schuman, homme-lige de cette stratégie. (Rappelons à ceux qui nous tympanisent de l’amitié franco-américaine, de La Fayette, etc. - comme M. Sarkozy la semaine dernière - qu’il fallut la sombre machination de Pearl Harbour et l’entrée en guerre contre le Japon, voulue par Roosevelt contre une opinion publique et surtout des intérêts géopolitiques au départ contraires, pour que les E-U viennent à notre aide contre le IIIè Reich. Et cette aide fut orientée dans le sens exclusif des intérêts américains, favorables aux hommes de Vichy, comme on le voit si bien dans les Mémoires de De Gaulle, qui s’y opposa seul contre tous.).

QUANT à L’ALLEMAGNE, RéDUITE POUR QUELQUES DéCENNIES à UN RôLE INTERNATIONAL DE SECOND PLAN, « L’EUROPE » à ORIENTATION AMéRICAINE, DEVINT SON IDéAL DE SUBSTITUTION, PROPRE à RETROUVER LA VIRGINITé MORALE PERDUE, PROPRE à SOUTENIR L’INDUSTRIE, ET PROPRE UN JOUR à RETROUVER UN RôLE DE PREMIER PLAN (PEUT-êTRE CONTRE L’AMERIQUE, QUI SAIT ?) EN S’AGRANDISSANT « PACIFIQUEMENT » PAR LE JEU DES « MINORITéS » (CE QUE NOUS DéNONçONS ICI ET QUI CONSTITUE LE CENTRE DE NOTRE DéBAT SUR AGORA VOX).

DEPUIS LES ANNéES 70, LA FRANCE A ENTREPRIS DE SUIVRE LE MOUVEMENT, MêME DE L’IMPULSER, DANS CETTE DIRECTION éVIDEMMENT CONTRAIRE à SON INTéRêT PROFOND, QUI SERAIT CELUI D’UNE EUROPE DE LA COOPéRATION INTER-éTATIQUE, et, depuis la fin du communisme soviétique, de l’alliance stratégique avec la Russie. (Rappelons que le projet constitutionnel de 2005 prévoyait la tutelle de l’OTAN - donc des E-U - sur le défense européenne, tutelle ainsi acceptée par des dirigeants français ayant le culot de se dire gaullistes, et ayant la chance que tant de naïfs se le laissent seriner...). Rappelons que la coopération inter-étatique est en mesure de produire des si beaux fruits, qui entrent directement en concurrence, pour le coup, avec les ambitions hégémoniques des E-U : Airbus, Ariane, CERN, Galileo... Le danger n’échappe pas aux fédéralistes, qu’inspire directement Washington, et qui veulent, on le comprend bien, que l’oeuvre commune soit contrôlée par leur maître, ce que seul permet l’intégration politique fédérale.

Alors la question en suspens est : POURQUOI LA FRANCE SUIT-ELLE UNE DIRECTION SI CONTRAIRE à SON HéRITAGE HISTORIQUE ? Nous y répondrons dans la 3ème partie de ce survol : Qui définit l’intérêt national en France ? A suivre...


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