Mon Dieu, Philippakos, comme vous êtes ennuyeux ! J’ai vraiment du mal à vous croire quand vous affirmez avec une mine de Catholikos constipé que vous lisez avec intérêt les salades de Monsieur West, qui ne sont bonnes qu’à être jetées aux escargots de passage, et encore.
Comment faites-vous, dites-moi, pour ressentir un mouvement de passion pour ces longues pisseries d’abstractions ? Est-ce votre fée Carabosse experte en les sortilèges de la grammaire qui vous les mâche et ensuite les dégorge dans votre petit bec affamé ?
Ma foi, si votre savante rosse s’y entend à ce point, vous feriez bien de vous demander si le vieux molosse ne l’a point initiée à ses mystères nocturnes, entre deux colonnes doriennes, à Argos, au temple d’Héra où il célèbre ces impudiques bacchanales d’été sans péplos.
Je reconnais en connaisseuse que vous êtes beau gosse, mais les femmes se lassent de tout, vous savez. Et tout d’abord de la beauté, surtout si elle n’est pas accompagnée d’une grande abondance de pesos. Croyez-moi, qui suis du sexe justement appelé « faible ».
Allez, comme vous le dites vous n’êtes pas un spécialiste ès peinture. Plutôt que de disserter sur Fragonard, intéressez-vous donc plutôt au moto-cross ou à votre négoce de tapis-brosses au bord de la faillite. Cela vous sied mieux qu’un tardif et peu lucratif sacerdoce dans la critique d’art.
Et voyons voir si vous rirez autant que moi lorsque c’est sur vous que s’abattent les coups de crosse.