En ce qui me concerne, la création d’un nouveau service bancaire, aussi philanthrope qu’il parait, ne peut être qu’une arnaque de plus. D’ailleurs, l’auteur le dit très bien - l’objectif avoué reste la rentabilité. Apparement les riches deviennent très méfiants et calculateurs, on ne leur la fait plus, alors les banquiers ont trouvé un nouveau filon : les pauvres. On gagne pas beaucoup avec un pauvre, mais ils sont légion. Avec les taux d’intérêt dépassant les 50%, les usuriers d’hier deviennent les gagne-petits ringards. Vu que les trois-quarts de la planète est pauvre, ça permettra de les ficher, de les cibler avec les publicités, de les connaitre et d’établir scientifiquement à quelle sauce on va les manger. A l’époque où les marchés deviennent extrêmement instables l’idée vaut son pesant de frites - on arrive à convaincre les pauvres de travailler pour les banques. Microcredit n’est rien d’autre qu’une nouvelle forme d’esclavage, perfide à souhait. Microcrédit n’est pas une solution pour le tiers-monde, parce qu’il s’inscrit dans la logique capitaliste. La solution serait plutôt de sortir l’immatériel du système monétaire - plus de brevets pour qu’il puissent fabriquer leur propres médicaments ; plus de copyright pour qu’ils puissent se cultiver. Internet gratuit et les ordinateurs à très bas prix pour qu’ils puissent atteindre les marchés du travail en dehors de leur zone économique, à l’instar de certaines régions de l’Inde. Mais ça, on ne le fera pas, car à notre niveau ça serait de l’ordre du suicide economique. En tout cas, ils vont finir par nous submerger, et ce n’est pas le microcrédit qui va les arrêter.