John,
Merci de rappeler que certaines comparaisons ne sont ni des arguments, ni des preuves, notamment quand le descriptif comparatif en arrière-plan n’est pas le même.
Une saine leçon de choses pratiques qui vaut pour deux ou trois contributeurs.
Prenons ici un exemple que je connais bien pour le vivre au quotidien.
Il est vrai que je suis moi-même dans un pays (Taiwan) qui se revendique aussi de l’économie de marché et qui dispose d’un très fort secteur public allant des transports au pétrole, de l’électricité à la Poste, des autobus aux hôpitaux, sans oublier l’enseignement et les services habituels de l’Etat.
Les trains sont tous climatisés comme les autobus -et bon marché. Ils sont aussi propres que récents. Les routes sont réparées en quelques jours après des typhons ravageurs avec des moyens parfois « colossaux » en termes humains et matériels, les hôpitaux soignent à merveille avec des personnels en nombre suffisant- et les soins sont ausis peu chers-, mais ils n’existent pas encore sur tout le pays (faute de moyens financiers, bien que la progression est constante), les écoles sont en bon état et les effectifs moyens d’élèves par classe baissent, selon les chiffres tant des syndicats que du gouvernement.
Bref, là aussi, l’Etat et les citoyens ont fait des choix, avec aussi des contraintes financières en arrière-plan.
Je ne comparerai pas Taiwan avec la France parce que les systèmes d’assurance sociale et de retraite ici se construisent encore, mais c’est une nécessité sur laquelle l’opinion est en accord unanime.
A titre personnel, ce qui choque le plus les très riches Taiwanais que je fréquente par mon travail ici - à savoir le haut patronat local- quand ils parlent de la France, c’est que les riches Français refusent ou rechignent de payer, d’aider, de donner un peu d’argent pour les citoyens les plus pauvres.
Ils jugent cela égoiste, inhumain et dangereux.
Aider les plus défavorisés, c’est ce qui est fait ici deux fois par les plus aisés du pays : via l’impôt dû à l’Etat d’un côté et via des donations importantes aux fondations à vocation sociale de l’autre.
En clair, les vrais privilégies taiwanais sont conscients de leurs avantages réels et utilisent une partie de ceux-ci pour que la société puisse se développer dans sa globalité. D’où un nombre élevé de fondations efficaces et agissant utilement sur les réalités analysées et identifiées.
On est loin des discours haineux des riches contre les pauvres ou les fonctionnaires qu’on lit et entend en France, très loin.
Nous avons là une autre culture sociale, morale, économique, et au fond, plus pragmatique pour l’intérpet même des riches donateurs, car ces pratiques plus généreuses favorisent la paix sociale, génèrent la concorde civile et favorisent donc la marche sereine de l’économie générale du pays, en luttannt efficacement de façon combinée avec les services de l’Etat contre la pauvreté.
Moins de haine sociale, plus de compassion sociale, ce serait un programme nouveau pour le groupe 4 français. Et pour toute la société française....
Est-il interdit de rêver que les privilégiés français prendront un jour, un peu, beaucoup, exemple sur leurs homologues taiwanais, en humanité vraie et intelligence sociale.
Je précise ici pour les lecteurs qui ne l’auraient pas compris que je suis investi à Taiwan en tant que citoyen dans ce travail social, en qualité de « Conseiller administratif » d’une des Fondations les plus riches du pays, financées par les personnalités les plus favorisées du pays, ce qui explique ma connaissance approfondie du sujet dont je parle.
Le Président de cette Fondation, pour citer un exemple au hasard, gagne environ 10 millions de dollars US par an, il en verse 20 à 30% selon les années à la Fondation, laquelle alloue des bourses d’études aux enfants pauvres des zones rurales aborignènes de Taiwan.
MM.Dassault et Pébereau ou Mmes Parisot et Lauvergeon : combien de % de leurs hauts revenus versent-ils pour les citoyens français en difficulté sociale afin de les aider mieux et plus ? Je me pose la question avec intérêt.
Bien cordialement vôtre,