Il ne s’agit pas d’un rapport universitaire et, encore une fois, ceci a été expliqué : le professeur Robert Phillipson a travaillé au British Council et a eu connaissance de cet « Anglo-American Conference Report 1961 » signalé dans son livre « Linguistic Imperialism » (Oxford University Press, 1992).
Voici ce qu’il a écrit :
"La conférence suivante se tint à Cambridge en 1961, encore avec la participation des USA. Contrairement à la conférence de 1959, aucun rapport ne fut produit à destination du public. Un rapport interne confidentiel fut écrit pour le British Council, dont j’ai reçu la permission de citer des extraits dans mon livre. La finalité du rapport était de démontrer que le champ de l’enseignement de l’anglais dans le monde était en train d’acquérir une respectabilité universitaire des deux côtés de l’Atlantique, et méritait une augmentation des subventions gouvernementales. Ce rapport n’était pas destiné à une large diffusion. Il est donc plutôt plus franc et explicite sur les finalités politiques que ne le seraient des spécialistes des langues discutant de sujets professionnels. Les principaux participants sont donc cités pour ce qui suit :
L’enseignement de l’anglais à des locuteurs non natifs peut transformer de façon permanente toute la perception du monde de ceux qui l’étudient. Si et quand une nouvelle langue devient vraiment opérationnelle dans un pays sous-développé, le monde des étudiants s’en trouve restructuré. Un Ministère de l’Education - sous la pression nationaliste- peut ne pas être bon juge des intérêts d’un pays... Un esprit nationaliste pourrait ruiner tout espoir de l’anglais comme seconde langue. L’anglais est devenu non seulement le représentant de la pensée et des sentiments contemporains du monde anglophone mais encore un vecteur de toute la tradition humaine en voie de développement : du meilleur (et du pire) qui ait été pensé et ressenti par l’homme depuis que l’on écrit l’histoire.
(article complet en anglais avec traductions en français et espéranto sur http://www.esperanto-sat.info/article609.html )
Combien de fois faudra-t-il répéter qu’il s’agit d’un RAPPORT INTERNE CONFIDENTIEL, donc inaccessible au public ? Le jeu de l’anglais comme langue internationale est un jeu truqué et ceux qui appellent à défendre l’anglais entrent très précisément dans le jeu de ceux qui ont manigancé cette opération. Si bien qu’au lieu d’avoir une langue équitable et Anationale, dont l’apprentissage exigerait d’eux beaucoup moins d’efforts, y compris financiers, les habitants de notre planète sont acculés dans une impasse qui mène la plus grande part des profits vers les puissances anglophones dominantes. De 1961 à 2007, il était possible d’offrir l’espéranto au monde à moindres frais.
Dans le rapport en question, Les EUA et la GB se proclament comme le « Centre » alors que tout le monde non anglophone est mentionné comme « Périphérie ». Il faut être sacrément naïf pour ne rien comprendre à ce jeu. Ceux qui ont fait main basse sur les EUA (les milieux d’affaires) pour faire main basse sur le monde, y compris l’UE, ont fait de grands progrès en matière de conditionnement. Il suffit, pour s’en rendre compte, de lire les écrits du professeur Herbert I. Schiller, en particulier « Décervelage à l’américaine » :
http://www.monde-diplomatique.fr/1999/08/SCHILLER/12381
Autre ouvrage à lire : « La manipulation mentale par la destruction des langues » de Charles Durand http://www.esperanto-sat.info/article243.html (français et espéranto)