On pourra aborder par tous les angles le problème des mal-logés, on butera toujours sur une réalité têtue : la libéralisation du marché de la location et l’envolée des prix à l’achat ont rendu l’immobilier français un des plus surévalués d’Europe, et les loyers ’libres’ généralement inaccessibles à la plus grande partie de la population. De plus, on a permis à de gros fonds d’investissement d’intervenir en masse chaque fois que les loyers paraissent sous-évalués (exemple actuel à Lille où un fonds néerlandais à acheté quasiment toute la rue de la Monnaie - on ne rigole pas !). De même, le centre-ville de Paris a été pied-à-terrisé par de riches expatriés au détriment des ’vrais’ habitants. Mais personne n’ose parler d’intervention. Personne n’ose proposer des solutions efficaces:blocage des loyers, taxation des plus-values spéculatives. Et pourtant des gouvernements successifs qui n’étaient pas spécialement de gauche ont eu recours à ces procédés chaque fois qu’il le fallait. Qu’on se le dise une fois pour toutes, le logement, comme l’alimentation, ne peut pas être laissé au bon vouloir du ’marché’ qui ne fait qu’aggraver la fracture entre une minorité de plus en plus riche, et le reste de la population.