Rapidement sur le situation en Allemagne où je vis :
Les choses évoluent très vite : le SPD amorce une virage social-démocrate plus prononcé pour faire échec à la gauche de la gauche (Die Linke) tout en continuant à participer au gouvernement avec les centristes de droite et de gauche (et oui ceux-ci existent aussi dans la CDU) de la CDU/CSU.
Même le CDU vire plus à gauche que son discours électoral traditionnel le laissait supposer ; mais de fait c’est une parti social-démocratie, pardon chrétien-social, plus à droite, en théorie donc, mais pas forcément en pratique gouvernementale.
La commission de conciliation en cours entre ces deux partis au gouvernement avance à grand pas dans un sens plus favorable aux revendications (soutien aux chômeurs, soutien aux famille, salaire minimal et même privatisation de la poste etc..)
Ce qu’il faut comprendre dans le jeu politique allemand c’est que la bonne santé de son économie s’est faite au prix du sacrifice plus ou moins consentant des saliariés et surtout des syndicats qui, je le rappelle, ont accepté apparemment avec quelques réticences , un gel, voire une diminution des salaires, et un allongement du temps de travail et des annuités ouvrant droit à la retraite à taux plein.
Mais, et cela est une grande différence avec la France, la plupart des forces politiques et des médias , y compris à droite (ex ; Die Bild Zeitung), exigent maintenant que les revenus florissants des entreprises soit redistribués aux salariés pour garantir la paix sociale menacée par l’aggravation des inégalités.
Ce qui vérifie ce que quiconque vit en Allemagne peut constater, surtout s’il vient de France : cette société est sociale-démocrate, hors tout considération de la couleur des partis politiques au gouvernement. Elle est consensuelle, y compris au travers de conflits qui sont régulés à tous les niveaux à commencer par celui des entreprises via la cogestion (à savoir la présence des salariés dans les instances de direction des entreprises), celui des lander et du gouvernement fédéral, des banques semi-publiques et des entreprises qu’elles soutiennent directement.
En cela l’Allemagne a des leçons de sagesse politique et démocratique à nous donner.