Je crois qu’on oublie une différence fondamentale : la Pirro a fait ses armes dans le système, s’en est servi, appuyant sur tous les boutons qu’il fallait. Dati ne doit son ascension qu’à la seule faveur présidentielle, et se drape constamment, dès qu’elle se sent interpellée, dans son rôle de ’missa dominica’ de Sarko 1er. Car elle n’a ni l’expérience, ni la carrière qui eussent pu en faire une ministrable. Sa seule légitimité est celle d’être choisie par celui qui estime que son pseudo-plébiscite à 54% lui donne le droit de renverser les corps constitués, pratiquer la ’rupture’ - tout d’abord générationnelle, en promouvant de jeunes inconnus.
Il est flagrant qu’une issue acceptable à la crise des régimes spéciaux devra beaucoup aux talents de Xavier Bertrand. J’augure mal, en revanche, des conflits de justice et d’éducation avec des ministres jeunes et inexpérimentées comme Dati et Pécresse, toutes deux, exclusivement, les ’voix de leur maître’.