• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


En réponse à :


ZEN ZEN 3 décembre 2007 22:00

Je soumets à l’appréciation de l’auteur l’ extrait d’un article récent du Monde (29/11/07), beaucoup plus réservé :

« ...L’assassinat du président Kadyrov en 2004 inaugure une nouvelle phase dans la guerre, celle de la »normalisation". Ramzan Kadyrov, chef de guerre, businessman connu pour sa violence et ses liens étroits avec les réseaux mafieux, s’impose dans la course à la succession de son père et étend son emprise sur le territoire tchétchène. La Russie investit un milliard de dollars dans la reconstruction de la république. Mais en dehors du centre-ville de Grozny, où bâtiments et routes sont reconstruits, où les magasins flambant neuf s’étalent, le reste du pays est à l’abandon. La Russie recompose également le tissu énergétique de la République tchétchène. La société gazière Rosneftegaz est détenue à 49 % par le gouvernement de Kadyrov et à 51 % par Rosneft, le groupe pétrolier de l’Etat russe. Mais là aussi, derrière l’apparence d’un retour à la normale se cachent toutes sortes de trafics : siphonnage des tuyaux et corruption au sein même de Rosneftegaz. Les canons se sont tus à Grozny, la sécurité est de retour, les populations réapprennent à vivre sans faire de politique.

RISQUES DE CONTAGION

A quelques mois de l’élection présidentielle de 2008, la Tchétchénie est-elle si apaisée que semblent le dire les autorités fédérales russes ? Les chefs légendaires tchétchènes ont été abattus depuis 1995 : Doudaïev, Maskhadov, Bassaev, Khattab, Abou Walid, Sadoulaev, Iandarbiev, Guelaïev ne sont plus là pour incarner la flamme de la résistance et mobiliser les troupes. Mais les risques de voir la république, voire la région entière, s’enflammer à nouveau persistent.

D’abord parce que le risque de voir les combattants tchétchènes se radicaliser vers le djihad est bien réel. Même si les groupes islamistes radicaux sont minoritaires dans la galaxie de la résistance tchétchène, ils sont bien équipés et leur détermination est respectée par tous les combattants. Ils se coupent de la société tchétchène tournée vers le modèle russe de la société de consommation et refusent tout compromis avec les nationalistes comme Ahmad Zakaev, leader nationaliste en exil en Angleterre.

La question la plus préoccupante est celle de la contagion du phénomène tchétchène aux républiques russes voisines. Depuis l’été, des opérations conduites par des rebelles nord-caucasiens ont éclaté à l’intérieur de républiques autonomes voisines. Depuis leur refuge dans les montagnes caucasiennes, les réseaux militaires clandestins agissent au Daghestan, en Ingouchie et dans la république de Kabardino-Balkarie. En septembre 2007, les troupes du FSB ont abattu le chef rebelle daghestanais, Rappani Khalilov et son adjoint, Naib « Abdoukhaman » Naibov, dans le district de Kyzyl-Yourt. En Ingouchie, une trentaine de rebelles tchétchènes et ingouches ont été tués durant l’été. En Kabardino-Balkarie, théâtre d’affrontements meurtiers en 2005 à Naltchik, près de 500 militants armés se trouveraient dans les montagnes."

Gaïdz Minassian


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON


Palmarès