L’homme n’a pas crée Dieu. Plus exactement, des hominidés ont créé des dieux. Et ces dieux étaient des hommes assassinés.
L’anthropologie de René Girard explicite de manière convaincante ce mécanisme à la base de toutes civilisations, mieux, de l’hominisation.
Schématiser René Girard est une gageure. Disons que l’homme est un animal mimétique. Il désire ce qu’un autre désire. Pendant la longue période d’hominisation, une expérience est régulièrement répétée : une crise mimétique survient, tous désirent ce que désirent les autres. Jusqu’à ce que, de manière aléatoire, se cristallisent sur un seul les rivalités de tous. Le « bouc émissaire » est mis à mort. Le collectif expérimente alors la paix retrouvée. Elle est attribuée au disparu, qui devient un dieu.
Ça, c’est l’histoire des religions sacrificielles. Pour le monothéisme, c’est une étape supplémentaire.
Impossible à résumer sans caricaturer. Il faut lire René Girard.
Mais une chose est sure, ce n’est pas la peur ou l’ignorance qui fait le religieux.