Je suis allé à Versailles lundi. Nous étions si peu nombreux, parqués dans une avenue, la place du chateau dégagée, les CRS omniprésents et en tenue lourde. Il régnait une atmosphère d’enterrement. Un manifestant m’a dit qu’il était là par fidélité à la mémoire de son grand-père qui, député, n’avait pas voté les pleins pouvoirs à Pétain.
Avec la trahison du PS, l’opposition est un champ de ruines. Elle a disparu. Quand renaîtra-t-elle ?
J’ai assisté, en direct, à l’assassinat de la République. A Versailles, ce lieu ô combien symbolique ! J’en porterai dorénavant le deuil. A ceux qui me demanderont "Avez-vous perdu un parent ?", je répondrai "Pire, une patrie."
Je n’oublierai jamais ce 4 février. Je n’oublierai jamais non plus le nom de chacun des assassins.