Que la Turquie, comme toute nation affronte les fantômes de son pays est une démarche essentielle...
Que celle-ci s’effectue grâce à un travail de recherche mené par des historiens de toutes obédiences est indispensable..
Par contre, je suis dubitatif sur l’intérêt d’une intervention de la justice pour démêler la vérité du mensonge en matière d’Histoire et pénaliser ceux qui s’écarteraient d’une "vérité officielle".
Le fait historique en cause ici est particulièrement grave et porteur de passions puisqu’il s’agit d’un génocide. Les différents gouvernements turcs qui se sont succédé depuis 1915 ont toujours nié ces faits dans les programmes d’histoire scolaires nationaux. Cette vérité officielle que nul ne conteste plus aujourd’hui en dehors de l’Anatolie doit être corrigée.
Mais la Turquie n’est pas seule dans ce cas, et l’on se souviendra, par exemple, de la façon dont le Japon traite encore aujourd’hui dans ses manuels scolaires les exactions dont il se rendit coupable en Chine. On peut aussi se demander si une Allemagne invaincue en 1945 serait aussi transparente sur le déroulement du génocide des Juifs d’Europe.
Tous les Etats ont toujours présenté leur Histoire à leur avantage et instrumentalisée celle ci en fonction de considérations idéologiques, c’est un fait inévitable.
Longtemps, la colonisation ne fut présentée dans nos manuels que comme un chemin parsemé de roses conduisant des peuples primitifs mais reconnaissants vers un avenir radieux de progrès.. On sait aujourd’hui que la réalité ne fut pas si idyllique..
Légiférer l’historiographie consiste à figer celle-ci selon les considérations idéologiques en vigueur à un instant T. Que l’on se souvienne que longtemps, du temps du gaullisme triomphant, il était difficile d’évoquer l’ampleur du phénomène collaborationniste en France et qu’aujourd’hui, le regard des historiens sur ce phénomène est relativement consensuel.
Qu’n aurait-il été si, par exemple, un historien publiant sur ce sujet avait pu être poursuivi en diffamation par la République Française ? La connaissance historique y aurait beaucoup perdu..
Concernant les faits que vous évoquez : le détournement d’écrits sans autorisation de l’auteur, il s’agit ici de délits courants pour lequel un arsenal juridique existe déjà..
gAZi bORAt