La fureur de Danjou, pas du tout déplacée, lui fait toutefois prendre les vessies pour des lanternes. En bref, il impute la crise financière à l’absence de régulation publique, à l’ultra libéralisme.
Où a-t-il vu de l’ultra libéralisme dans l’organisation et le fonctionnement des systèmes bancaires, les fauteurs incontestables du trouble ? Les professions bancaires sont parmi les plus réglementées qui soient. Au point qu’elles ne peuvent s’approvisionner en monnaie dont elles font le commerce qu’auprès des états (leurs Banques centrales).
L’auteur s’en prend seulement à la personne de Grenspan, sans voir de qui il n’était que la marionnette. Des protagonistes de « l’ultra libéralisme mondialisé financier et économique sans foi ni loi » dit-il. Voilà une belle formule à reprendre en chœur dans les défilés protestataires. Mais où sont-il donc ces protagonistes, quelles sont leurs associations, leurs sociétés secrètes, leurs partis politiques, leurs sectes ? Ne sont-ils pas que des leurres jetés à la tête des gens par des mystificateurs ?
Pourtant, l’auteur a bien repéré les caractéristiques personnelles de Greenspan, qui sont celles de tous ses congénères qui peuplent les hautes sphères des organisations étatiques comme de la plupart des organismes privés à la taille démesurée. Ouvrir son champ d’observation lui aurait permis de le remarquer, et d’être mieux inspiré. Cela aurait orienté son accusation vers ceux qui tiennent les manettes des usines à monnaie, les Banques centrales. Danjou ne semble pas avoir remarqué à quel point ces organismes ont gavé de monnaie, depuis une trentaine d’années, les banques commerciales. Elles ont été tellement en peine d’en trouver preneur parmi ceux qui en ont besoin pour l’investir dans des organismes de production de biens et services qu’elles n’ont pu que la distribuer à prix bradé aux spéculateurs et même aux consommateurs n’ayant pas les moyens de la leur rendre en temps nécessaire.
Et ce comportement de ces organismes n’était que commandé par les états aux mains des politiciens ne cessant de doper la machine économique avec le seul souci des effets favorables immédiats sur les votes des gens. La crise d’aujourd’hui n’est que le produit de ce dopage.
Danjou ne semble pas connaître les chiffres qui accablent les vrais coupables (ni peut-être comprendre la mécanique économique). Il peut les trouver, il gagnerait à les examiner et à en nourrir sa réflexion.