Plusieurs constats s’imposent ;
Basebou : Que l’invasion américaine en Irak soit une catastrophe ne dédouane pas les organisations qui ont profité de l’anarchie pour massacrer par milliers ceux qui ne sont pas de la même tendance religieuse qu’eux. Ce ne sont pas les Américains qui massacrent des milliers de pélerins chiites, ni qui se font sauter sur des marchés à l’heure d’affluence. Mais les Américains ont fait sauter un verrou - la dictature - qui a fait vivre ensemble des communautés différentes par la force - et les extrémistes sont alors intervenus pour accentuer ces différences et les dresser les unes contre les autres.
Plus généralement, vous êtes plusieurs ici à mélanger deux aspects de la question. De plus, vous ignorez certaines évidences liées au métier de soldat.
Dans une guerre de guérilla où les forces conventionnelles sont morcelées à l’échelle d’une compagnie, parfois même moins, et envoyées dans un environnement imprévisible, toutes les dérives sont possibles. C’est, en bien pire, la situation qui existait au Vietnam. Tout dépend alors des officiers et des sous-officiers. On a remarqué que les unités bien commandées se comportaient ’bien’ pour l’essentiel. Les unités ayant des carences de commandement sont de véritables fabriques d’atrocités lachées dans la nature.
De ce point de vue, compte tenu du nombre de soldats, les bavures sont en nombre relativement faible. Il est regrettable, malgré tout, que l’Armée donne l’impression de les minimiser ou de les couvrir - comme le font toutes les armées du monde d’ailleurs.
Mais cela n’a qu’’un rapport lointain avec la cause défendue ou les raisons de la guerre. Les Alliés en France, et surtout en Allemagne, cont commis beaucoup d’atrocités si on va par là, mais à la différence des Soviétiques elles n’étaient pas systématiques et autorisées.
Ce ne sont pas les atrocités de quelques soldats qui rendent l’intervention américaine en Irak illégitime - c’est la nature même de cette intervention, les mensonges qui l’ont justifiée, et les fautes catastrophiques qui ont marqué ses débuts (dissolution de l’état, de l’armée et de l’administration du pays).
Mais je répète : l’hostilité entre chiites, sunnites, et kurdes ne date pas des Américains. Saddam Hussein avait massacré ces deux dernières communautés par milliers, elles ont naturellement pris leur revanche, et en m’absence d’un Etat viable, le cycle massaces/ représailles a pu s’installer.