bonsoir,
on dit tout et son contraire sur ce fil...
et pan ! que je t’explose robert menard et rsf, pour leurs liens (supposés) avec la cia et le grand méchand bush !
et boum !!! que je te descends en flamme cet infâme surborneur féodal qu’est le dalaï lama !
et vlan ! passe -moi l’éponge !! que j’en remette un coup sur mélanchon et la divine république libérée de chine... !!!
on s’étripe ! on s’engueule ! on affirme haut et fort que l’on détient la vérité et pas l’autre...
alors, puisqu’on parle du dalaï lama et du tibet, voici une interview parue dans le nouvel obs de la
SEMAINE DU JEUDI 17 Janvier 2008 hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/index-tibet.phpje n’ai pas l’impression en la lisant qu’on a affaire à un théocrate féodal, mais à un homme que la sagesse et la non-violence font rayonner . beaucoup d’entre nous feraient bien de prendre exemple sur le respect qu’il a des autres...
et c’est peut-être la raison pour laquelle il fait autant peur aux chinois, et pourquoi il est accueilli partout, par les puissants comme par les plus humbles.
N.O.- La première question est votre regard sur le passé. Les Chinois invoquent beaucoup de motivations à l’appui de leur occupation du Tibet. Un de leurs arguments les plus forts est que leur intervention a mis fin à un régime féodal, à une société arriérée, inégalitaire, avec une classe privilégiée qui vivait aux dépens de la majorité. Qu’il s’agissait d’un système qui méritait d’être renversé. Certains Tibétains sont aujourd’hui d’accord avec cette vision des choses. Etes-vous d’accord avec certaines de ces critiques ? Comment jugez-vous le passé ?
Dalaï Lama.- Personne ne peut dire que le Tibet du passé était parfait. Il était certainement arriéré. Le système social, le système politique étaient sans aucun conteste arriérés. Cependant, si l’on compare la société féodale qui avait cours au Tibet, avec la société féodale chinoise, ou indienne, à la même époque, je crois que la société féodale tibétaine était plus compatissante. Par exemple, il y avait une prison au Potala qui à mon époque comptait entre 20-40 prisonniers. L’autre prison de Lhassa comptait à peu près le même nombre. Dans chaque district, bien entendu, il y avait une prison avec à peu près le même nombre de pensionnaires. Mais aujourd’hui, il existe partout au Tibet des milliers de prisons, et dans les années 60, il y a eu des dizaines de milliers de prisonniers. Une autre différence : dans le passé, quelques privilégiés exploitaient leurs sujets dans le passé, ce qui est totalement injuste, y compris d’un point de vue bouddhiste, personne ne le conteste. Mais ceci se produisait entre Tibétains. Maintenant, nouveau maître, nouveau seigneur : tous les Tibétains sont devenus les sujets de nouveaux maîtres. Je ne souhaite pas polémiquer, mais que dirait-on si l’Italie envoyait une armée dans un pays africain au motif que leur système serait si mauvais qu’il faudrait le changer ? Voyez les critiques du monde entier qui ont accueilli l’Amérique quand elle a envoyé ses armées renverser Saddam Hussein… (Rire) Ceci renvoie à la vraie question, à savoir si le Tibet fait vraiment partie de la Chine. Ce sont des questions complexes. Le point essentiel, c’est le défunt Panchen Lama qui l’a résumé dans sa dernière déclaration publique juste avant sa mort : depuis la venue des Chinois au Tibet, les quelques développements positifs ne peuvent compenser toutes les destructions qu’ils ont occasionnées. Je le pense aussi. Bien sûr, pour certains Tibétains qui jouissent aujourd’hui de beaucoup de privilèges – en termes de traitement, de logement, etc. – et qui viennent parfois de familles soi-disant de "serfs", leur situation personnelle est nettement plus avantageuse maintenant.
N.O.- A propos de ce qui se produit aujourd’hui. Après avoir beaucoup compté sur les armes pour régler la question tibétaine, aujourd’hui, les Chinois recourent à des moyens variés : des investissements massifs afin de hâter le développement, des flux de migrants han afin de modifier la composition démographique du Tibet, et maintenant le contrôle de la nomination des grands lamas réincarnés.
Dalaï Lama.- Y compris les armes ! Récemment, ils s’en sont servis pour écraser des révoltes.
N.O.- Ces nouveaux moyens sont une menace directe à la culture tibétaine, à son existence même. Y a-t-il un moyen d’échapper à cette menace ?
Dalaï Lama.- Je dis souvent aux gens. Une nation ancienne avec un héritage culturel exceptionnel est en ce moment en train de mourir. Je dis aussi que, intentionnellement ou non, une sorte de génocide culturel a cours. Surtout via l’agression démographique. Par exemple, une autre région autonome, la Mongolie intérieure, ne comporte plus que 20% de population autochtone. Il y a 80% de Chinois. A Lhassa, les Tibétains sont environ 100.000, alors que les Chinois sont plus du double. Lhassa est devenue méconnaissable avec des buildings, et toute la vallée est urbanisée. Hormis le centre autour du Jokhang, tout le reste est devenu un véritable chinatown. De même, dans d’autres régions à l’Ouest comme Ngari. Il y a 15-20 ans, il n’y avait aucun Chinois dans ces régions. Maintenant, il y a des chinatown flambant neufs partout. Un journaliste de ZDF que j’ai rencontré récemment m’a montré des photos de plusieurs agglomérations où les Chinatown se sont multipliés. Les Tibétains sont donc devenus une minorité.
Dalaï Lama.- Le gouvernement chinois continue de nier. Ils prétendent que les Tibétains constituent toujours l’immense majorité. Il faut faire savoir au monde que l’agression démographique est très grave. C’est une urgence. Une autre chose importante : la culture bouddhiste tibétaine est ce que j’appelle une culture de la compassion. Sa préservation est extrêmement importante sur le long terme pour la république populaire de Chine. Aujourd’hui, dans la société chinoise, les valeurs confucéennes sont détruites, même s’il y a des tentatives de les ranimer de la part du gouvernement. Il n’y a donc plus de morale. Seul compte l’argent. La corruption à tous les niveaux en découle. Et aussi toutes sortes de situations malsaines et d’exploitation. Comme le travail des enfants. Les enfants des campagnes sont réellement exploités. C’est impensable que dans ce pays socialiste dirigé par un parti marxiste, de telles choses se produisent. Le fossé entre riches et pauvres est impensable. Il m’arrive parfois de penser que je suis plus marxiste qu’eux. (Rire) Un marxiste en robe bouddhiste. (...)
(...)
Dalaï Lama.- Je lis surtout en tibétain. Dans le passé, j’ai lu des livres de cosmologie, d’histoire mondiale, de philosophie occidentale. Bien que j’aie une série complète qui va de Platon, Socrate à Bertrand Russel, mais je n’ai pas suffisamment de temps d’étudier, ou de lire attentivement. Donc en ce moment, je lis surtout la presse, des magazines comme Newsweek ou Time, des journaux internationaux. J’aime lire le Herald Tribune.
N.O.-
Vous avez dit lors de votre enseignement tout à l’heure qu’il était important de développer une sérénité laïque. Il existe des écoles de philosophie antique qui s’y sont efforcés. Vous les lisez ?
Dalaï Lama.- Non. Mais je pars du fait que la majorité des 6 milliards d’humains sont des non-croyants. Nous devons donc trouver le moyen de toucher ces personnes et susciter leur attention sur l’importance de la compassion. Cela ne peut être que laïc. Notre expérience courante, le bon sens et aussi les dernières découvertes scientifiques nous disent qu’une attitude compassionnelle est bénéfique à notre bien-être physique. C’est donc une approche laïque. Ces valeurs dénuées de croyance religieuse, c’est une éthique laïque. Mais si on veut être réaliste, il faut trouver le moyen de promouvoir ces valeurs humanistes auprès des non-croyants. Et voyez la constitution indienne, fondée sur le sécularisme. Le Mahatma Gandhi croyait profondément dans le sécularisme, tout en étant lui-même un croyant, et pratiquant quotidiennement des prières issues de différentes traditions. Le sécularisme signifie le respect de toutes les religions, pas de préférence pour celle-ci ou celle-là. Si par exemple moi en tant que bouddhiste, j’affirmais que seul le bouddhisme est bon, que les autres religions sont mauvaises, ce serait contraire à la laïcité. Si vous croyez vraiment à la laïcité, vous devez respecter toutes les autres traditions, parce que des millions de personnes suivent ces traditions. Puisque nous devons respecter tous les êtres humains, l’humanité entière, il faut donc respecter leurs conceptions et leur foi. Y compris les non-croyants. C’est également leur droit de ne pas croire. C’est OK, puisqu’ils se sentent plus à l’aise ainsi. (...)
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