Bonne analyse, qui résume bien la complexité du sujet, et les nombreuses idées préconçues que se font nombre de citoyens sur l’adoption, comme on peut le voir de la part de personnes qui n’ont sans doute jamais touché de près l’adoption, mais aussi dans de nombreux services sociaux.
A ma grande surprise, j’ai trouvé ce rapport Colombani de très bonne facture. Y sont identifiés la plupart des problèmes actuels de notre système. Ma seule réserve sur ce rapport touche à un âge limite pour les parents adoptifs ; Mr Colombani n’a pas pris en compte la possibilité d’adoption par des parents ayant déjà des enfants (adoptifs ou biologiques). S’il est logique de fixer par exemple un écart d’âge maximal de 40 ou 42 ans entre les parents et l’enfant adopté, la présence d’enfants existants devrait accroitre de quelques années cet âge (il ne serait pas inconcevable de permettre à des parents de 43 ou 44 ans d’adopter un enfants de 1 an s’ils ont déjà un enfant ; nos familles actuelles ont aussi des enfants biologiques souvent tardifs).
Pour le reste, les problèmes liés aux idées préconçues de bien des services d’adoption, comme les insuffisances de l’AFA, ont été bien expliqués, et des solutions justes proposées. Il est paradoxal que l’élement essentiel de l’adoption, à savoir l’intérêt de l’enfant, soit si souvent occulté par des idées préconçues non étayées par les faits ou les statistiques, et que bien des règles occultes et le non-dit président encore à l’attribution des agréments. Comme l’auteur l’indique, tous les cas sont particuliers, et c’est bien l’intérêt de l’enfant qui doit présider.
Quant à votre dernière remarque, il est tout à fait surprenant de constater que la plupart du personnel des services d’adoption considère toujours que la filiation s’établit d’abord de façon biologique, et que penser le contraire est une cause majeure d’avis négatif...