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armand armand 14 mai 2008 11:02

Je crois qu’on dévie souvent du fil dans cette discussion. Merci E-fred d’avoir recentré le débat. La victime appartient en effet à une catégorie en croissance qui combine la déchéance sociale et la consommation de substances qui rendent incontrôlable. Ce n’est ni le caillera que cela écorcherait de dire bonjour à son voisin parce qu’il a vu à la télé que c’est comme ça que se comportent les ’homeboys’ aux States. Ni le criminel endurci, violeur et assassin multirécidiviste que les tares de notre système judiciaire font sortir de prison sans suivi et sans même avoir purgé la peine initiale.

Effectivement, il faut un bon dosage de force bien maîtrisée et de psycho pour gérer ce type de personne - et qui reste néanmoins un être humain.

La police est-elle correctement formée ? Le personnel de sécurité, qu’on voit se démultiplier devant le moindre magasin depuis quelques années.

Il y a quelques années, j’ai travaillé moi aussi dans la ’sécurité’ - nous n’étions pas de vrais professionnels à part deux ou trois qui émargeaient à ’Century’, mais plutôt des licenciés de clubs d’arts martiaux qui arrondissaient nos fins de mois en accompagnant des personnalités ou en filtrant les entrées desconcerts. J’ai même eu l’honneur de donner des cours dans une salle où s’entraînaient les hommes du GIGN. L’atmosphère était plutôt à la bonhomie, les bagarres assez rares, la drogue aussi.

Comme je l’ai écrit plus tôt, je vois en ce moment que toute situation potentiellement conflictuelle fait monter la tension tout de suite - rien que de voir comment la moindre mainfestation pacifique se voit encadrer de centaines de CRS harnachés comme dans un film de samouraï. De même, rouspétez vertement dans un magasin ou une banque et vous verrez aussitôt le personnel se raidir comme s’il s’attend à une explosion.

Ce sont avant tout les liens sociaux et la communication qui ont pati d’un repli sur soi qui affecte toutes les catégories sociales. On ne se parle déjà pas, donc la moindre réflexion, plainte, questionnement, est assimilé à une violence.

Je me demande aussi si la dématérialisation de l’argent - le phénomène qui fait que les agences bancaires ressemblent à des agences immobilières, et que bien souvent on ne vous y délivrera pas le moindre rotin - n’attise pas la situation. Quand on est brusquement hors du circuit - plus de compte, plus de carte surtout, on est en quelque sorte effacé de la société. Et la réaction peut, dans ce cas, être d’une violence d’autant plus grande.


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