Toute la quintessence des lieux communs concernant l’espéranto : utopie, impossibilité, etc. apparaît sytématiquement dans les commentaires, toujours dépourvus de références, de la clique aspeuse.
Les espérantistes savent de quoi ils parlent du fait que, de plus en plus, ils ont tous touché à l’anglais — ce qui n’existe pas en sens contraire chez les opposants à l’espéranto. Par exemple :
Un rapport interne du British Council posait cette interrogation dès 1968-69 : "Il y a un élément de commercialité dissimulé dans chaque professeur, livre, revue, film, programme télévisé, de langue anglaise envoyés au delà des mers. Si alors nous sommes en train de tirer un avantage politique, commercial et culturel de l’usage mondial de l’anglais, que faisons-nous pour maintenir cette position ?"
Ce ne sont pas des espérantistes qui ont écrit cela. C’est précisément grâce à des esprits sous-développés et de nullités qui se prennent pour l’avant-garde, que certains peuvent tirer un "avantage politique" et "maintenir cette position".
Les puissants intérêts qui se trouvent derrière l’anglais sont trop souvent oubliés. Ces intérêts ne sont pas ceux de l’ensemble de la population, tant à l’échelle européenne que mondiale.
Dès 1971-72, alors qu’un accord était intervenu sur les principales conditions d’adhésion de la Grande-Bretagne au Marché Commun, le British Council avait reçu 16% de crédits supplémentaires. C’est ce qui s’appelle avoir de la suite dans les idées, et ce n’est pas sans raisons que, le 12 octobre 1978, le quotidien "The International Herald Tribune" pouvait intituler triomphalement un article : "English is a Profitable Export".
Dans le quotidien suédois "Svenska Dagbladet" (24.10.1993), Margareta Westman, une responsable du Comité linguistique suédois, a déclaré : "Nous, les Suédois, avons tendance à surestimer nos connaissances linguistiques, en particulier en anglais, mais nous sommes insuffisants lorsqu’il s’agit d’un raisonnement nuancé. Nous courons le risque de dire ce que nous pouvons mais pas ce que nous voulons."
Dans un communiqué du 2 octobre 2001, l’agence de presse allemande DPA a reproduit les propos d’Hartmut Kugler, président de l’association des professeurs germanistes allemands selon lequel : "Ce que l’on veut exprimer, il faut le dire dans la langue que l’on maîtrise le mieux". Il a ajouté : "En langues étrangères, on a souvent des difficultés à s’exprimer de manière nuancée, alors qu’en comparaison, il est relativement plus facile de comprendre passivement". Kugler a par ailleurs mis en garde contre l’intronisation de l’anglais comme seul moyen de compréhension européen : "Nous avons entre temps, durant cinquante années, fait l’expérience du grand projet « l’anglais comme première langue étrangère » — mais quel est le niveau d’élocution du bachelier moyen en anglais ?" avant de conclure que, dans la population, la maîtrise de l’anglais ne suffirait pas pour exprimer des notions complexes. Il a enfin averti que l’anglais pourrait devenir une langue dominante de même qu’il en fût pour le latin : "Les rares « globe players » à très bien maîtriser l’anglais seront ceux qui dans l’avenir décideront de tout."
Je me souviens d’un Suédois qui avait dit que l’on paraît plus stupide qu’on ne l’est en parlant l’anglais plutôt que sa langue maternelle, et c’est précisément ce qu’illustre si brillamment celui qui dit aimer passionnément la France... grâce à laquelle il a su se garantir le pouvoir d’achat ainsi qu’une pension encore plus confortable quand viendra le temps d’en profiter :
http://www.dailymotion.com/video/x1x63e_sarkozy-parle-anglais-enfin-essaye
Après le Français veau, le Français pigeon, cocufié par quelqu’un dont les racines ne sont pas françaises. Chapeau !