Ce qu’il y a d’intéressant, dans l’argumentation de Typhon — "Aspounet", comme le dénomme si bien skirlet —, c’est qu’il prend systématiquement le contre-pied de quoi que ce soit. Il y va au culot en partant du principe que plus c’est énorme, plus ça passe !
Alors, puisqu’il est capable de faire mieux que l’espéranto, et par conséquent que l’anglais aussi, pourquoi diable se prive-t-il et prive-t-il l’humanité tout entière de si hautes compétences pour créer autre chose qui lui mériterait l’admiration et la reconnaissance éternelles de l’humanité ?
On l’attend, toute l’humanité l’attend, et ça presse !
Entre son dénigrement ou sa critique aussi maladive que sytématique, les agoravoxiens préféreront sans nul doute l’avis exprimé par Umberto Eco qui a été amené à l’étudier scientifiquement pour préparer un cours au Collège de France : "J’ai étudié la grammaire de l’espéranto — ça ne veut pas dire que j’ai appris à le parler — et j’ai constaté que c’est une langue construite avec intelligence et qui a une histoire très belle." Et, à Paul Amar, qui l’avait questionné sur "Paris Première", le 27.02.1996, il avait répondu : “Du point de vue linguistique, elle suit vraiment des critères d’économie et d’efficacité qui sont admirables.“
Umberto Eco avait reconnu qu’avant d’étudier la langue, il s’en était moqué, comme bon nombre d’intellectuels qui ont gobé sans esprit critique tout ce qui leur a été enseigné. "Le cynisme à propos de l’espéranto a fait partie de notre éducation" (Robert Phillipson,auteur de "Linguistic Imperialism" — Londres : Oxford University Press, 1992 — et "English-Only Europe ?" — Londres : Routledge, 2003. Traduit en espéranto : "Ĉu nurangla Eŭropo ?" — Rotterdam : UEA. 2004.)
Or, chacun sait que, dans à peu près tous les pays, une partie plus ou moins importante de l’histoire et de l’enseignement est frelatée. De ce fait, on connaît d’avance la chanson de Asp "Explorer" (sic !) comme celle d’Aspounet comme quoi le seul avis qui soit le bon est le leur. Leur passage dans la moulinette à angliciser a donné des résultats positifs et ce ne sont pas Margaret Thatcher, David Rothkopf ou Gordon Brown qui les démentirait, et ce n’est pas Charles Durand, l’auteur de "La mise en place des monopoles du savoir" (éd. L’Harmattan, Paris. 2002) qui me démentirait.