@ esperantulo,
Pour compléter ta remarque à propos de la possibilité de "loger à l’oeil" à l’étranger, c’est une chose que je ne prône jamais car je sais que ça peut tenter des sans-gênes intéressés non point par l’espéranto mais par le profit — au sens méprisable du terme, au dépens des autres — qu’ils peuvent éventuellement en tirer. Mieux vaut donc les laisser à... l’anglais 
J’ai eu des témoignages de deux couples espérantistes qui étaient au Pasporta Servo, l’un de Paris XVII et l’autre de Bry-sur-Marne. Ils ont eu des expériences agréables, d’autres moins. Le pire a été la venue, pour le second couple, d’une Finlandaise avec sa fille qui ont vraiment cherché à s’inscruster en trouvant toutes sortes de prétextes pour rester, si bien qu’il leur a été difficile de s’en débarrasser.
J’avais d’ailleurs eu un accrochage avec un élève des stages intensifs d’espéranto quand j’en avais organisés dans un local associatif du 9e arrondissement, à Paris, dans les années 1980. Il ne trouvait rien d’anormal à se conduire comme le maître des lieux chez l’habitant. Autant dire qu’il n’est jamais revenu et c’est tant mieux. De toutes façons, les gens qui se conduisent ainsi sont vite repérés et signalés. On ne peut donc pas considérer de tels profiteurs comme des espérantistes. En général, d’ailleurs, ces gens préfèrent, et de loin, l’anglais, comme l’a écrit Joel Brozovsky :
Pourquoi un Américain utilise-t-il l’Espéranto ?
Lorsque Rachel et David ont fait leur tour du monde de 23 mois en stop, je leur avais donné des contacts dans divers pays mais surtout en Iran. Et j’avais conseillé aux Iraniens d’en tirer profit pour montrer que l’espéranto, ça marche
Il en est résulté que leur séjour d’environ un mois n’a pas été de tout repos : accueil chez l’habitant, tour à tour chez l’un ou chez l’autre, visites de médias, d’entreprises, d’établissements d’enseignement, et, bien sûr, touristiques.
Pour ce qui me concerne, j’ai profité de l’hospitalité d’espérantistes dans divers pays, surtout en Suède, du fait que j’apportais quelque chose par ma présence, comme délégué, parfois par une conférence. D’ailleurs c’est assez courant d’inviter des espérantistes de divers pays en leur assurant, bien entendu, l’hébergement complet dans la mesure où ils contribuent à la vie d’une association ou d’un groupe. J’ai été amené à refuser des invitations personnelles au Pérou, au Zaïre (au temps ou ce pays portait ce nom), en Chine...
Parfois j’ai été invité sans rien avoir demandé, notamment lorque je suis allé faire une enquête à Kiruna, en Laponie suédoise. J’avais écrit à un lycéen dont l’adresse m’avait été donnée par des amis de Stockholm. Il avait appris l’espéranto tout seul un an auparavant. Je lui avais demandé une adresse d’hôtel pas trop coûteux et, avec l’accord de ses parents, il m’avait invité à loger chez lui. J’ai été surpris par son excellente élocution, ce qui montre que, contrairement à ce qu’insinuent certains coupeurs de cheveux en quatre qui cherchent à confiner l’espéranto dans la théorie, que la prononciation et l’intonation ne constituent pas un problème et que, dans la pratique, ça marche.
Une autre fois, au retour d’un séminaire d’espéranto qui avait réuni près de Łódź, en Pologne, des espérantistes de divers pays, surtout de l’Est et du Nord de l’Europe, au moment des adieux, dans la gare de Varsovie, un Polonais m’avait proposé de m’héberger en attendant le prochain train pour Paris. Vu qu’il était tard, après minuit, et que le train partait tôt je lui avais répondu que ce n’était pas la peine pour si peu de temps (peut-être 5-6 h environ) vu qu’il habitait en banlieue. Il a tant insisté que j’ai accepté et, finalement, j’étais quand même plus frais et dispos lorsqu’il m’a raccompagné au bus le matin 