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En réponse à :


Henri Masson 17 juillet 2008 17:56

1-
C’est particulièrement significatif que le BC ait reçu, en 1971-72, avant l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché Commun (le 1er janvier 1973), 16% de crédits supplémentaires du gouvernement britannique et ceci alors que tout avait déjà été défini dans le rapport annuel du British Council , année 1968-69, page 12 : "Il y a un élément de commercialité dissimulé dans chaque professeur, livre, revue, film, programme télévisé, de langue anglaise envoyés au delà des mers Si alors nous sommes en train de tirer un avantage politique, commercial et culturel de l’usage mondial de l’anglais, que faisons-nous pour maintenir cette position ?"

Eh bien, non seulement ils la maintiennent, mais ils pratiquent la politique du coucou : les autres langues hors du nid !

Qu’on ne vienne pas raconter que le pétrole de la Mer du Nord ne rapporte rien à la GB :
"Pour rappel, la Grande-Bretagne dispose d’une taxe spéciale sur les bénéfices des compagnies pétrolières réalisés en Mer du Nord, qui avait été doublée fin 2005, passant de 10 à 20%". (leblogfinance).

Ce qui se trame à Bruxelles est significatif aussi :

1994 :
"Dopés par un rapport de force de plus en plus favorable, ils
[les anglophones] entendent faire triompher leur cause : imposer l’anglais dans la salle de presse de la Commission alors que, par un usage remontant aux origines de la Communauté, seul le français y a droit de cité. (...) Mais la réalité est là : doucement, l’anglais supplante le français au sein de l’Union — la fiction veut que l’UE travaille dans les neuf langues. Et les futurs élargissements ne feront qu’augmenter cette tendance. On l’a bien vu lors de l’inauguration de l’Institut monétaire européen à Francfort il y a quelques semaines : son président, pourtant belge francophone, s’est exprimé, devant les journalistes, uniquement en anglais et, là aussi contrairement aux usages, seule une interprétation en allemand était disponible.
Désormais, la plupart des jeunes fonctionnaires recrutés par la Commission ne parlent plus français, mais anglais en deuxième langue, note un eurocrate. (...)"
(Libération , 4 février 1994)

1999 :
"Dans les cabinets des vingt commissaires, l’Angleterre se taille la part du lion avec huit postes de direction, trois chefs de cabinets (l’équivalent de nos directeurs de cabinets ministériels) et cinq postes d’adjoints. La France, elle, n’en a obtenu que trois. Les Allemands quatre."

( ...) "L’anglais est devenu de fait la langue officielle, ce n’est plus le français, en réalité ça l’était de moins en moins, il y a eu accélération. Ricardo Levi, le porte-parole de Romano Prodi, ne s’exprime plus qu’en anglais alors qu’il parle très bien notre langue. Et Neil Kinnock, qui ne le parle pas, s’est opposé à la nomination d’un Français au poste de porte-parole adjoint."Catherine Nay dans Valeurs Actuelles (2-8 oct.1999). En plus du portefeuille de la vice-présidence de la nouvelle Commission européenne, l’Anglais Neil Kinnock a en effet obtenu celui de la Réforme de la Commission.

"Et dire que la réorganisation de la Commission est dirigée par un anglophile notoire, l’italien Ricardo Levi, secondé par deux anglophones. ("El Païs , repris par Courrier International du 7 au 13 octobre 1999 — le commentaire est du Courrier)

tout comme à l’Otan :

"La France a protesté, mercredi, contre la mise à l’écart du français à l’Otan où il est pourtant la deuxième langue officielle. En pleine semaine de la francophonie, la France a réagi devant la plus haute instance politique qui réunit en temps ordinaire les ambassadeurs des seize pays membres. L’Otan utilise quasi exclusivement l’anglais pour transmettre ses informations sur le réseau Internet et lors des discussions au sein de la cellule du "Partenariat pour la paix" avec des pays de l’Europe de l’Est." (Ouest-France , 21 mars 1996)

De même que les déclarations de Rothkopf et Thatcher déjà citées.

Il est donc clair que ça rapporte de multiples façons d’imposer sa langue aux autres.

2
Les gains que font les autres langues par les séjours linguistiques, c’est zéro à côté de cela.


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