Article intéressant et utile. Et il soulève beaucoup de questions comme tous les articles sur le Pouvoir.
Ainsi, Il y a quelque chose qui me gêne dans votre article car en quelque sorte vous participez de cette culpabilisation ambiante. Vous concluez en fait à la constitution de "lieux de paroles" des victimes ; sorte de syndicat des victimes qui servirait en fait à bien vivre "la tyrannie" même douce. Or nous vivons que de ça. Je passe sur des "SOS amitiés", et autres cercles de paroles et d’échanges, à toutes ces "cellules psychologiques" créées au moindre évenement ou accident perturbateurs, à cette sempiternelle "il faut aider à faire son deuil" etc etc ... Bien sûr ce sont de bonnes initiatives mais tout excès a ses travers. N’est-ce pas une manière de dire que l’on peut vous aider à rester "sages". ?
je suis en revanche parfaitement d’accord avec cette phrase ;
"Je considère que nos sociétés fonctionnent de plus en plus selon ce modèle de déresponsabilisation des chefs, et de responsabilisation de ceux qui n’ont aucune marge de manœuvre. :"
Oui et on peut penser que cela commence lorsque l’on pense à tous ces salariés qui acceptent de devenir actionnaires de leur entreprise. C’est la fameuse participation (distribution d’actions au lieu d’une rémunération pour un travail). Le salarié devient l’entrepreneur, devient en fait producteur de sa propre aliènation. C’’est la mise en valeur de la notion tous les cadres doivent se considérer comme entrepreneur dans l’entreprise. On a inventé un mot pour celà il y a quelques temps déjà. ( "l’entrepreunariat.") .
Et puis que pensez vous de la révotle des banlieues, des 600 voitures brûlées le dernier 14 juillet ? C’est de la délinquance ? une révolte saine ? un ras le bol de victimes, ? des casseurs ou autres bandes organisées ? un cri contre l’impuissance individuelle ? ,
Qui a besoin d’une société sage ? sécurisée ? la France est un des pays qui a le plus de policiers et autres gendarmes ( voir étude européenne). Les élites médiatiques sont pieds et poings liés avec les pouvoirs économiques et politiques. Les pouvoirs ont les moyens de vous faire taire. Sur la ctrise des banlieues tout le monde s’y est mis. (Bobos compris !!). En fait on n’aime pas quand les autres ne sont pas sages.
Mais vous avez raison , il me semble aussi que la critique du pouvoir qui est au coeur de notre société "dite démocratique" est aujourdhui plus que jamais au centre du débat. Et cette critique du pouvoir ne peut simplement se satisfaire de l’explication de la culpabilisation des gens. Dans une société qui envoie depuis quelques décennies , près de 80 % de ces jeunes au baccalauréat, on peut se poser la question de la perte d’un "sens critique" et de la dégérescence de "l’esprit civique" et de la notion d’intérêt général.