JONAS à : Christophe,
La prédation, n’est pas obligatoirement une affaire d’argent ou de profits, la prédation pour le tiers et le quart-monde c’est souvent la faim et la misère.
L’homme qui a faim, l’homme dont la famille a faim, se fiche éperdument de vos Droits de l’homme et de vos conceptions philosophiques, s’il n’a pas d’autres choix que celui de vous faire la peau pour se nourrir et nourrir les siens, il vous tuera sans état d’âme. Comme nous sommes bientôt 7 milliards d’humains et que cette planète ne peut donner plus que ce qu’elle a, vous avez le choix, c’est lui ou vous, et votre famille évidemment ?
Il n’est pas nécessaire de faire appel aux classiques pour résoudre ce problème, si on le pose sans faire de démagogie.
Sur les 7 milliards que nous sommes, 5 sont dans la pauvreté et la misère et plus d’1 soufre de la faim, vous avez une solution ? La seule serait de partager équitablement la pauvreté, car point de riches dans ce cas-là ! C’est le retour au Moyen Âge pour tous les occidentaux… ! Adieu voitures, voyages en avions, ordinateurs, soins hospitaliers sophistiqués, etc.
Personne ne vous suivra dans cette vision de la vie, qui serait la seule capable d’éviter des conflits monstrueux et la destruction écologique de la terre.
Les pauvres se battront contre nous pour s’emparer de ce que nous avons acquis plus ou moins honnêtement et les riches finiront par faire de même pour conserver ce qu’ils possèdent.
Il me semble que vous avez oublié une chose essentielle dans votre raisonnement, c’est qu’en ce monde tout est prédation et à tous les niveaux de la nature. Dans la chaîne alimentaire les humains ont atteint le sommet, et en bons prédateurs, ce sont les plus forts qui se taillent la part du lion.
Vos intentions sont louables, mais après ce que j’ai subi dans mon métier, je ne crois plus en la bonté des hommes. C’est triste pour moi et pour la plupart de mes collègues qui partagent majoritairement dans les grandes villes, ce constat.
Même les jeunes aujourd’hui, après moins de 5 ans de service actif, en arrivent à envisager de rendre leurs tenues.
Malheureusement, beaucoup trop d’homme aujourd’hui, se prennent pour des dieux et pensent pouvoir résoudre tous les problèmes avec des mots.
C’est sur le terrain qu’on perçoit la réalité des choses : " Un homme en vaut un autre ", c’est une de nos devises, lorsqu’on porte secours aux gens, on ne les connaît pas ! Nous risquons parfois notre vie pour le faire et notre seule récompense, c’est d’avoir réussi.
Pour le reste, notre salaire est souvent l’ingratitude, surtout lorsqu’on nous dit : " Vous êtes payé pour ça ! ".
Bonne soirée.