• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


En réponse à :


abelard 2 octobre 2008 21:22

Bon d’accord, le cinéma français est dans un triste état.
Je partage entièrement votre constat, je serai même tenté d’être plus violent que vous car vous avez oublié le "cinéma d’auteur".
Mais si, vous savez, ce cinéma des Desplechinlarieuxhonorébonellobonitzer et consorts. Celui qui ne rapporte même pas de quoi payer l’impression des affiches mais que les critiques nous présentent comme le seul 7ème art possible ! (a ce jour, le nouvel opus d’Honoré "La belle personne" n’a toujours pas atteint les 50 000 entrées France malgré de très bon papiers un peu partout).

Mais après l’état des lieux, il convient de cerner les responsabilités :

Le financement :
Il est clair que la télévision n’a pas à décider de l’avenir du cinéma. Comme le fait remarquer un internaute sur ce fil, cela revient à transformer les films en téléfilms. En effet, pour débloquer les financements les chaînes demandent aux films de cinéma d’avoir des castings "bankable" (en gros Jean Dujardin ou Jamel) et surtout de ne pas être "segmentants" (c’est à dire incisifs). Cela fait monter le cachets d’une minorité de comédiens "indispensables" et produit des films aussi gouteux qu’une soupe aux navets.
Côté "cinéma d’auteur" c’est encore pire : le CNC ne finance que des films d’auteurs-réalisateurs ( et sans doute bientôt d’auteurs-réalisateurs-comédiens-chefs opérateurs-décorateurs-musiciens histoire de soigner les ego boursouflés de quelques crétins qui se prennent pour des artistes inspirés) et surtout que des films de copains. Pour présenter l’avance sur recette, il vaut mieux passer du temps avec le président de la commission plutôt que de travailler son scénario.

La production :
Comprenez bien que pour un producteur "modernisé", le succès d’un film en salle est absolument annexe. Vu qu’il ne met pas un fifrelin dans l’affaire, qu’il a vendu ses parts de production dés le départ, il se fout absoument de savoir si le film aura ou non du succès. Il se moque donc éperdument du sujet, du point de vue, du scénario... L’important est d’avoir un "gros casting" qu’il pourra faire miroiter aux chaînes de télé. Pour un producteur, la marge bénéficiaire est incluse dans le budget du film. Il a donc tout intérêt à produire des films très chers sur lesquels il gagnera de quoi faire marcher sa boîte pendant quelques années avant même le premier jour de tournage.
Pensez vous que le fils Berri ait perdu de l’argent avec Astérix ?

La réalisation :
Séparée en deux parties. D’un côté des artisans souvent honnêtes mais sans génie. De l’autre des génies qui réinventent l’eau tiède à chaque tour de manivelle.
Mais des deux cotés la prétention "nouvelle vague" à être les seuls maîtres à bord d’un projet pourtant défini comme "oeuvre collective". Le cinéma français à genoux devant l’auteurisme est conçu pour convenir à Welles, Fellini, Pasolini, Bunuel, Ozu... Mais ne fait que bégayer les inepties d’Assayas ou les aigreurs de Desplechin.

Les comédiens :
Malgré la foire aux "bankable" il n’y a pas un seul comédien en France susceptible de garantir un succès en salles. Le temps des Belmondo, De funès et autres Ventura est terminé. Tout le monde le sait, mais personne n’en convient. Les cachets ont enflé de façon astronomique ces dernières années : les comédiens à la Dujardin en profitent, les autres meurent.
Côté comédiens de films d’auteurs (certain en font profession genre Amalric) c’est la catastrophe. Ils ne jouent plus, ils cabotinent en prenant des mines de chiens battus. Si vous passez par Cannes au moment du festival payez vous une pinte de bon sang en observant ces tocards dépenaillés et arrogants et comparez les aux acteurs américains disponibles et souriants.

Les scénaristes :
Les quoi ?
Tués par la nouvelle vague, le scénario a pratiquement disparu en France. Toute la tradition française en ce domaine a été détruite pour faire place à la caméra stylo et l’inspiration de "l’auteur-réalisateur", les comédiens se chargeant souvent des dialogues (d’où l’afflux de "Ben, Euh, j’veux dire etc...").
Pas de scénariste veut dire : pas de personnages, pas de sujets, pas de fond, pas de rythme...

Ah tiens, c’est exactement ce qu’il manque au cinéma français...


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON


Palmarès