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En réponse à :


Eloi Eloi 22 novembre 2008 13:46

Je copie/colle le post suivant, pour que la discussion soit plus facile à suivre

Je n’aime pas faire une comparaison avec la physique

En quoi est-ce mal ? smiley

Et voilà que vous me dites "oui, mais à un instant t + dt, les corps auront bougé, donc la situation aura changé". Vous avez parfaitement raison, mais ça n’invalide pas la première loi et ça n’a rien à voir avec la question qui nous préoccupe : comment se répartit la rémunération du capital/travai à un instant tl (comment se déterminent les forces à un instant t)

Je vous le dit justement parce que les deux corps se retrouveront à une position d’équilibre. De même, le prix se fixera entre offre et demande. Reste à savoir si les deux corps trouveront cette position d’équilibre, ou s’éloigneront de plus en plus vite ou se rentreront dedans. Les lois de la gravitation seront les mêmes dans les trois cas. Mais ce qui nous intéresse, le résultat, n’est en rien le même.
Nous sommes d’accord que ce qui nous intéresse pour les prix, c’est qu’il y ait un équilibre, sinon notre société explose.


Une banque a rarement envie de faire banqueroute, et est donc naturellement prudente. Quand elle a par contre en dessous d’elle un filet nommé "état" et derrière elle un incitateur appelé "banque centrale", ça incline moins la prudence...

Une banque n’a aucune existence. Ses dirigeants et actionnaires si. Qui se moquent de la banque comme d’une guigne, puisque son rôle n’est pas de pourvoir un service, mais de faire du profit.

Vous savez, le libéralisme ça fonctionne moins bien avec un monopole protégé par l’état. C’est si difficile que ça à admettre, qu’un monopole protégé par l’état n’a rien à voir avec le libéralisme ?

Si l’état mettait des limites en haut et en bas, oui ce serait un monopole. Malheureusement, il n’y a qu’une limite inférieure. C’est un monopole obligatoire car le prix ne converge pas : le prix du crédit tend vers 0 de manière naturelle, puisque c’est ce qu’on observe, pour un système plus ou moins libéral et un système public. Le libéralisme repose sur al notion d’auto-convergence sans besoin d’action consciente. Si cela fonctionnait, il n’y aurait plus d’intérêt à l’influence de l’Etat, par lui-même. C’est ce que je me tue à vous dire smiley

> Les libéraux prônent le fait que le libéralisme s’auto-entretient de lui-même par ses hypothèses vertueuses.
> Votre libéralisme n’est pas auto-convergent, il n’existera donc jamais. Jamais ailleurs que dans une société dirigiste. D’où paradoxe. D’où lassitude sur ces foutaises...
Le libéralisme est impuissant face à un monopole protégé par la force de l’État (donc, si besoin est, de l’armée et de la police), c’est si étonnant que ça ?

Je ne sais pas comment changer encore mon explication : le prix du crédit diminue d’autant plus fort qu’il diminue. C’est le principe de la bulle. Quelle aurait été votre action ? Niez-vous que sans limite sur cette fabrication de crédit, le prix du crédit aurait atteint 0, et que la crise aurait balayé tout le système. c’est la limite inférieure du crédit qui a provoqué la crise "tôt". Si elle n’y avait pas été, le suivisme entre grandes banques aurait conduit à ce que la monnaie n’ait plus aucune valeur.
Les banquiers et leurs propriétaires ne sont rationnels : ils veulent des rendements infinis.

> Appliquons-le dans les marchés où cela fonctionne (loisirs, afin de permettre le choix aux citoyens) et abandonnons-le ailleurs.
Il va falloir prouver qu’il ne marche pas dans un autre secteur. Encore une fois, le secteur bancaire est tout sauf libéral.
Cela ne fonctionne pas là où le prix n’existe pas : besoins vitaux (prix infini), écologie (coût incalculable), recherche fondamentale (risque impossible à mesurer : entre 0 et 1)

> Que se passera-t-il si la chine veut, imaginons, nous faire la guerre et qu’elle a réussi à trouver des alliés chez les fournisseurs de pétrole ?
Parfaite illustration que idéologie guerrière et libre échange ne font pas bon ménage. Je n’ai jamais prétendu le contraire, c’est même ce que je soutiens depuis le début. Ajoutons à ça que le libre échange est plus efficace économiquement, on voit là le rôle de la politique : faire la cuisine entre efficacité économique, diplomatie et indépendance "militaire". Et je n’ai jamais nié qu’une politique réelle devra faire des concessions pour de telles raisons.

Au moins sommes-nous d’accord pour dire que les échanges ne pourront que très difficilement être complètement libres. Et imposer le libre-échange dans ces situations, c’est être dogmatique, religieux, et prendre d’immenses risques. Nous l’avons fait. Nous en souffrons. Nous souffrons de notre bêtise idéologique.

> Nous sommes plus dépendants d’eux qu’eux de nous
Qu’ils le soient moins n’implique pas qu’ils ne le soient pas du tout.

Ils survivront. Nous mourrons. 1 à 0. Ils auront tout, nous aurons rien.

> Le libre-échange n’a pas conduit à un équilibre, ou alors l’équilibre se fait sur une si grande constante de temps et un gain si élevé, que ca ne m’étonnerait pas qu’on en arrive à un système très instable. Nous n’avons rien voulu contrôler, ralentir, de manière raisonnable, nous avons fait le voeux pieux que la mondialisation se passerait pour le mieux dans le meilleur des mondes, nous allons souffrir (nous souffrons) de notre acharnement doctrinaire.
Là, c’est vous qui tombez dans des généralités que j’ai du mal à saisir...


Pas vraiment une généralité non : parler d’une constante de temps dans l’équilibre international est au contraire assez original, en tout cas ailleurs que sur les forums comme celui-ci. Disons que si nous avions ouvert nos frontières petit à petit, secteur après secteur, au fil de décennies complètes, nous aurions pu réorganiser nos circuits de formation au fur et à mesure, pour accompagner cette transition. Nous avons voulu le faire presque d’un coup : nous avons un tel chômage qu’il peut nous détruire. C’est comme si vous ouvrez un robinet d’un coup : le coup de bélier peut faire péter vos canalisations.

> Laissez faire "la nature", vous reviendrez à l’état féodal.
Je ne suis pas anarchiste, vous savez

Pas vraiment anarchiste, l’état féodal : c’est le groupe d’humains le petit qui peut fonctionner avec un chef unique. Qui a pris son pouvoir par la force. Pour une société complexe comme la nôtre, la dictature avec un seul chef ne peut pas fonctionner : le dictateur ne connaît pas tout et ne peut donner ses ordres efficacement.

> Survivre, et exister, chacun au dépend des autres, est un combat parce que de vous, comme de moi, tout le monde s’en fout
La conclusion est qu’il faut ériger la spoliation légale comme système d’organisation social ou plutôt d’empêcher cette spoliation, sachant qu’au final cela profitera à tous ? Je préfère la seconde, même si ça fait de moi un idéaliste.

Non, il faut s’accorder sur des politiques qui évitent que les plus puissants augmentent leur puissance de manière exponentielle, pour éviter que des gens qui s’en foutent de moi soient si puissants que je ne puisse même plus les restreindre, même aidé de 60 millions de compatriotes. La multiplication exponentielle profite plus à celui qui gagne 200 SMIC qu’à celui qui en gagne 20, ou 1. Il prendra possession de la société à long terme. C’est rigoureusement mathématique. L’impôt permet de réduire la vitesse de son explosion exponentielle. Je suis plutôt partisan d’un salaire maximum fixé en fonction du salaire minimum et une franchise d’héritage.

> Vos grands capitalistes n’apporteront rien
Tout ce qu’on demande à un capitaliste, c’est du capital. L’homme qui est derrière, ce n’est pas du ressort de l’économie, et ce que j’essaie ici est d’essayer de réfuter ce qui me semble des erreurs économiques.

Bien sûr que si que l’homme qui est derrière a une influence économique : selon la rationalité de ses choix. Et s’il contrôle le travail de 100.000 salariés, ses erreurs auront une influence dramatique sur la société. Et si les 50 collègues à lui suivent tous une pensée unique pour être à la mode, c’est potentiellement 5 millions de chômeurs. c’est une catastrophe. Et nous n’avons aucun pouvoir démocratique sur ces puissants. Ce qui n’est pas le cas pour les hommes politiques, imparfaitement, pour sûr, mais malgré tout nous l’avons.

> Même si c’est au prix de quelques chômeurs. De quelques clodos. Qu’ils ne verront après tout jamais...
C’est une raison pour baisser les bras ? Abandonner toute tentative pour faire changer les choses ?

Bien sûr que non. je ne serais pas à débattre avec vous pour apprendre le plus possible et me perfectionner si ce n’était pas le cas.

> et donc, pour aider ceux qui sont dans la souffrance, on prend à ceux qui ne sont pas dans la souffrance
Et moi, je dis que cea cause encore plus de souffrances, parce qu’on met toute son énergie à esayer de combattre le symptome sans en combattre la cause.

La cause est la nature égoïste de l’homme, qui ne changera jamais. Ou en tout à très très longue échéance de plusieurs de nos vies. Il reste ensuite le mécanisme exponentiel du taux d’intérêt. Qui compromet toute stabilité à moyenne ou longue échéance de la société. Qu’il faut donc combattre.
Je n’y peux rien si c’est l’exact mécanisme du capitalisme.
Vous êtes intelligent. Tracez une fonction linéaire, une fonction affine et une fonction exponentielle. Je pense que c’est illustratif.
Même si je possède 1000€ et vous 1001€, vous me possèderez à longue échéance. sauf si quelqu’un possède 1 millions d’€. Et celui qui en a 1 milliard sera imbattable car il possède déjà tout ce que vous pourriez inventer pour vous enrichir.

> Encore une fois, vos modèles économiques ne sont pas auto-convergent
C’est quoi ce fétichisme de la convergence, à la fin ?

Nous vivons dans un monde bel et bien physique dont c’est le mode de fonctionnement.
 


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