@Cosmic Danser,
ces interventions précises, Christophe, qui replacent la question dans l’ensemble de ses dimensions : définition, emploi et usage.
Vous avez cité vous-mêmes Camus. Il est un auteur qui a beaucoup insisté sur l’incommunicabilité entre deux intervenants. Que dire de cette même incommunicabilité dans un espace public où un locuteur s’adresse à un nombre important de spectateurs. Entre le message que veut faire passer un locuteur et toutes les interprétations possibles d’une multitude, il y a des risques d’incompréhension et de déformation. Si un terme comme race n’est pas défini avec exactitude, chacun l’interprétera comme il l’entend.
Il est intéressant de constater à quel point cette question - pourtant caduque concernant ladite intervention de Zemmour - soulève une fois de plus d’étranges passions, cela dit compréhensibles dans l’imaginaire collectif. Mais impardonnables au plan moral, que l’on apprécie Zemmour ou pas.
Vous l’avez dit vous-mêmes ; c’est un procès en sorcellerie. Et pourtant je n’apprécie pas Zemmour pour ses postures polémiques qui sont souvent sans cohérence, mais j’apprécie encore moins les procès d’intention.
@Sisyphe,
Je ne comprends pas votre propos.
Vous parlez "d’une terminologie permettant d’avoir une représentation mentale qui n’existe pas dans le monde réel" ; donc, rien à voir avec le discours de Zemmour, qui désigne, lui, une représentation qui existe bien dans le monde réel ; à savoir la couleur de la peau ; (noire ou blanche), et qui, au contraire de permettre "d’englober des singularités par des points communs", dénonce, au contraire, la différence, et n’englobe aucun point commun.
Distinguer la race blanche de la race noire revient exactement au contraire de ce que vous décrivez, et relève, donc, bel et bien, du racisme.
Je l’ai exprimé plus haut. Je le répète : Pour le terme race, il est utilisé dans un but unique, en anthropologie, pour distinguer des traits exclusivement physiques constatés. L’apport de la génétique n’a fait que confirmer aux anthropologues une certaine forme de simplification qu’ils utilisent pour convenir d’un code linguistique permettant de nommer des groupes ayant, en apparence, les mêmes caractéristiques physiques. Mis à part les anthropologues évolutionnistes, ils ne font pas de hiérarchisation.
Les différences existent en apparence, le niez-vous ? Par contre, d’un point de vue scientifique, ces différences n’existent pas ; du moins les seules différences que nous puissions faire avec le plus d’exactitude seraient une catégorisation par individu et non par groupe d’individus. Ce n’est pas simple d’étudier des groupes en fonction de chaque individu.
Comme le terme ethnie existe pour mettre entre exergue des différences d’ordre culturel et linguistique mais pas du tout des différences physiques perceptibles.
Le discours de Zemmour s’accorde à admettre qu’il existe un métissage racial et un métissage ethnique. Est-ce si discutable que cela ? Je ne le crois pas. Certaines personnes ayant des caractéristiques physiques apparentes différentes se mélangent et fournissent une descendance métissée distinguable par des traits physiques comme il existe un métissage culturel qui lui est moins visible à nos sens.
Par contre, je trouve le procédé d’Acrimed fort discutable. Pourquoi faire en sorte que le film se coupe après la question de Vincent Cespedes : Peut-être que ça vous rassure, Éric : ça vous rassure d’appartenir à la race blanche ?. Or c’est justement la réponse à cette question qui devrait permettre de juger si l’approche de Zemmour est raciste ou non. J’ai tenté d’accéder à la bande intégrale sur le site d’Arte, mais elle ne semble plus disponible (si quelqu’un a un lien, merci de le signaler). Après, l’association peut écrire ce qu’elle veut sur son site, si la bande n’est pas disponible dans son intégralité, ce sont des paroles en l’air qui n’engage qu’elle.
Quant aux propos de COLRE, ils sont en effet pertinents mais reposent, à mon sens, sur l’incommunicabilité. Ce que vous interprétez des propos de Zemmour n’est peut-être pas en correspondance avec ce qu’il voulait exprimer.