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Gazi BORAT 4 décembre 2008 07:51

Dictature molle ? Je ne sais pas.. Etat policier, sûrement !

Comment pourrait-il en être autrement ?

L’actuel président de la République a été élu sur un discours sécuritaire et grâce à deux campagnes électorales, celle de 2002 qui, si elle vit élire Jacques Chirac servit de marche-pied à notre « Nano Ceaucescu » en lui permettant de prendre les commandes du ministère de l’Intérieur et d’apparaitre, dans les fantasmes d’une grande partie de son électorat (les 20% de sympathisants raptés au bientôt ex-Front National) aux yeux de qui il pouvait passer pour le dernier rempart de la civilisation des zones pavillonnaires menacées par la « racaille » des grands ensembles.

La campagne de 2007 fonctionna sur le même principe, appuyé par une presse complaisante qui mettait tous les jours en cette période sensible, avec un traitement de « une », des faits divers ravalés habituellement en pages intérieures, avec une dramatisation qui laissait croire à l’honnête citoyen blanc que son pays s’était transformé en une sorte de « Bronx » où il avait la chance miraculeuse d’être encore en vie pour pouvoir glisser dans l’urne son bulletin au nom de Nicolas Sarkozy.

L’auteur insiste sur la parenté avec certains aspects idéologiques du régime dit « de Vichy ». Je ne crois pas que Nicolas Sarkozy se situe dans cette famille de pensée mais qu’il soit opportunistes et exploite les préjugés et croyance de la frange la plus réactionnaire de son vivier électoral : OUI.

Certains rétorqueront que Nicolas Sarkozy, par des ramifications de son arbre électoral ne saurait être antisémite et qu’ainsi que toute comparaison de ses propos « on » et« off » avec ce qui s’exprimait durant le régime politique le plus haïssable que la France ait connu ne soit que dénigrements de trotskystes..

Une frange de la population sensible à des arguments xénophobes a toujours effectivement existé dans l’hexagone, en proportion variable selon les époques et s’est toujours caractérisée par un repli « identitaire » face à un bouc émissaire lui aussi changeant selon les contextes.

L’antisémitisme étant aujourd’hui sévèrement puni par la loi, la pédagogie à son sujet mise en place dans les programmes scolaires ayant peu à peu rempli son office, le « Juif » apatride et insoluble dans la culture française a été remplacé aujourd’hui par « l’Etranger », devenu forcément clandestin ou islamiste ou jeune ou autre, selon les fantasmes de chacun.

Ce bouc émissaire contre laquelle Nicolas Sarkozy s’est érigé en bouclier a ainsi servi de prétexte la mise en place de mesures policières et judiciaires répressives dont même la frange réactionnaire de Nicolas Sarkozy devient aujourd’hui la victime, par un certain climat qui, peu à peu, s’est installé dans les organes de répression sur un vague sentiment de ceux-ci sur le mode « De toute façon, on est couverts ».

C’est ainsi que, les charmes de la garde à vue se sont démocratisés que tout un chacun peut aujourd’hui y goûter à la faveur d’un contrôle routier qui dégénère en outrage ou d’un soupçon quelconque de menace à l’ordre public.

Certains intervenants nous renvoient à des repoussoirs exotiques (Cuba, Corée du Nord) pour nous expliquer que, par comparaison, la France n’est pas une dictature. Cependant, les « polices de l’opinion » et leurs milliers d’informateurs de ces régimes honnis par nos médias n’auraient aucune utilité à notre président, s’il souhaitait en constituer, l’arsenal de mesures judiciaires pouvant être appliqué à toute opinion n’ayant pas l’heur de plaire au pouvoir et l’arsenal de moyens technologiques (de la vidéo surveillance généralisée au « flicage » informatique) les remplacent avantageusement..

Il est vrai que, si on ne trouve pas dans notre appareil pénitentiaire des Guantanamo ou des San Quentin... nos prisons, à part peut-être celles que l’on peut trouver en Roumanie, sont parmi les plus déplorables de l’Union Européenne.

Nicolas Sarkozy a le mérite d’être clair, il n’a jamais caché son désir d’une société sous contrôle et sa vision d’un monde où les citoyens seraient sous contrôle dès le plus jeune âge (le dépistage des comportements délinquants dès la maternelle) ou même avant (ses propos sur la génétique durant la campagne électorale).

Mais tout cela, il semblerait que nombre de ses anciens électeurs ne le comprenne qu’aujourd’hui.

gAZi bORAt


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