Les fondements de la laïcité sont contenus dans les principes révolutionnaires de liberté de conscience et d’égalité républicaine.
Au nom de la liberté de conscience, la République respecte toutes les croyances (Constitutions de 1946 et de 1958) ; bien entendu, il faut entendre par
croyance toutes les options spirituelles et philosophiques que cela recouvre, c’est-à-dire les croyances religieuses, l’agnosticisme, l’athéisme et la libre pensée.
Au nom de l’égalité républicaine, l’État et les services publiques doivent être neutres ; c’est-à-dire qu’ils ne doivent afficher ou privilégier aucune option politique, spirituelle ou philosophique. Partant, ils ne doivent privilégier ou dénigrer aucun citoyen en fonction de telle ou telle option philosophique ou spirituelle (
nul ne peut être inquiété pour ses opinions, même religieuses…).
Ce principe d’égalité peut aussi s’appliquer aux usagers dans certains lieux publics, comme l’école, les hôpitaux, les établissements sportifs, etc.
Voilà pour le cadre général.
Pour ce qui concerne les religions en particulier, il a fallu légiférer à plusieurs reprises devant la résistance des religions à ces principes : en 1905 et en 2004 notamment.
La liberté de conscience (individuelle) s’étend à la liberté de culte (collective), toujours dans les limites imposées par le respect de l’ordre public. Le principe est contenu dans la Déclaration des droits de l’homme et précisé par la loi de 1905.
L’égalité s’impose aux élèves dans les établissements scolaires publics, la loi de 2004 ayant précisé la notion de signes ostentatoires.
L’égalité s’impose à tous les usagers des services publics, comme les hôpitaux, les prisons, etc. Ici, des textes législatifs et des chartes précisent l’adaptabilité des services : grosso-modo, toute manifestation qui ne troublerait pas la bonne marche du service est autorisée. Plus le séjour des usagers dans le service est long et contraignant, plus les possibilités de suivre les impératifs des cultes sont importantes.
Dans un sens large, la laïcité peut se comprendre comme l’affirmation par l’État — dans le fonctionnement de ses institutions ou dans la règle de droit — des principes de liberté de conscience et d’égalité républicaine, chaque fois que des religieux ou des négateurs des religions voudraient imposer une norme qui leur est propre au mépris de ces principes républicains.
Bien entendu, comme pour toute règle, certaines exceptions héritées de l’histoire y font entorse : concordat en Alsace et Moselle, propriété et entretien par la puissance publique de lieux de culte édifiés avant 1905, aumôneries dans les écoles, etc. Ces exceptions doivent se comprendre avec une lecture historique ; s’agissant d’exceptions, elles ne peuvent être généralisées.
Voilà ce qu’est la laïcité : deux principes républicains dont les contours juridiques et sociaux se dessinent depuis la Révolution en fonction de l’évolution de la société et des croyances des citoyens. La laïcité, c’est l’idéal qui rassemble le
laos, le peuple, c’est le dénominateur commun qui unit les citoyens en Nation par-delà les clivages des croyances individuelles et les revendications des groupes et des communautés. Cet idéal né des droits de l’homme a lui aussi une portée universelle et pacificatrice.
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