Bonjour,
Il est dans cette affaire un troisième larron, RosUkrEnergo, peu innocent dans la dégradation des relations énergétiques entre les deux pays. Car l’affaire est complexe, et mêle divers intérêts : étatiques, commerciaux et internationaux.
Il faut aussi prendre en compte le contexte politique national Ukrainien qui est délétère au possible : lorsque le Président accuse même son propre Premier Ministre d’être un pantin de Moscou, on s’imagine sans peine l’ambiance à Kiev avec de telles accusations... Les élections législatives se profilant, et les forces de Iouchtchenko étant à la peine dans les sondages, quoi de mieux que de susciter un front national contre un ennemi commun : la Russie ? Seulement pour le coup, les Européens sont bien plus atones qu’en 2006 : crise financière, démonstration de force de la Russie dans le Caucase, inconséquence diplomatique (arrêt des négociations euro-russes sur l’APC en septembre pour finalement demander de façon penaude la reprise de celle-ci en novembre)... Le vieux continent sait qu’il a une marge de manoeuvre très limitée et que l’ours n’est plus prêt à se laisser marcher sur les pattes.
De plus, avec cette crise la Russie trouve un argument supplémentaire pour rallier les pays hésitants à ses projets Nord et South Stream contournant le pays de transit qu’est l’Ukraine.
Cordialement