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Picospin 30 janvier 2009 18:12

Je ne saurais que féliciter l’auteur de cette critique excellente du film "Entre les Murs" qui a été encensé par les journalistes et autres spécialistes en art au moment de sa sortie et lors de la remise des nombreuses distinctions dont il a été l’objet. Je souscris entièrement à l’analyse qu’en a fait Paul Villach qui allie à une large culture générale, étendue des Grecs au 7è art une perspicacité de tous les instants pour attendre à chaque coin de rue, fut-il celui d’une évasion hors des murs, d’une triste salle de classe qui déprimerait les plus enthousiastes, les pièges à déjouer de cette oeuvre banale, baclée d’où l’art comme instrumentation pour l’ornementation, la figuration, l’imagerie, les palettes de couleur s’est évadé dès les premières secondes. Le documentaire est une chose, l’art en est une autre. Rarement, les deux ont pu s’allier pour transfigurer le reportage journalistique en témoignage sur le temps présent, en ornementation ou en traits et couleurs posés là pour la postérité qu’on espère devoir devenir moins maussade que celle du temps prévu par une météorologie capricieuse à Paris, hors et entre les murs. C’est en ce sens que le discours sur le côté formel du film prend un intérêt majeur car exceptionnels sont maintenant les critiques qui s’appesantissent sur une esthétique, un rythme, des colorations sonores ou des palettes de compositions. Pour se situer dans cette catégorie, il faut sans doute une culture, un goût, un choix le plus souvent hors de portée des professionnels des salles obscures qui à force de rester enfermés dans le noir n’éprouvent plus aucun plaisir pour le déploiement de l’arc en ciel. Le contenu de cette oeuvre classée sans hésitation dans la classe des grand films français sinon des chefs d’oeuvre serait en core plus toxique ou dangereux que son côté artistique. L’analyse sur la vision idyllique qu’offrent les publicités sur les lieux de vacances au bord des plages de sable, des cocotiers, de la mer bleue correspond parfaitement à un imaginaire pour cafés du commerce où l’on apprécie les évocations de la chaleur, du soleil sous la protection des ombrages naturels ou artificiels, du clapotis d’un océan capable de se tranformer en une minute en tsunami mangeur d’hommes, d’enfants et de chair. Une classe, quelle classe ? que s’y passe-t-il ? Sinon un dangereux renversement des valeurs qui met en péril une culture sinon une civilisation et qui coupe les communications faute de leur rendre leur clarté orthographique, leur élocution discernable, leur gestuelle ritualisée. Ce tableau qui serait enchanteur s’il représentait un anachronisme reproduit malheureusement le triste état dans lequel se sont fourvoyés, un enseignement sans squelette, un discours sans âme, des cadres démissionnaires, blasés, sans ressort dont la dernière énergie est investie dans des défilés sans objet, des manifestations gratuites, des pathologies professionnelles. Notre critique craint qu’une telle peinture de la société scolaire, parentale, enseignante ne se retourne contre le service public auquel pourrait succéder une organisation privatisée aux mains d’on ne sait quelle activité sectaire. Je dirai dans ce commentaire ce que je mes suis permis d’énoncer à plusieurs reprises dans d’autres modestes productions offertes par Picospin sur son site ou ailleurs. Nous sommes en train de passer subrepticement d’un professionalisme aux abois et en pleine crise de la pensée et de la culture au relais pris par des amateurs qu’on sent ou qu’on espère éclairés tout simplement car l’appréhension des évènements par les seconds surpasse de très loin par l’intelligence, le goût, l’expérience celle des professionnels, en l’occurrence les journalistes au rabais, les pseudo écrivains en mal de copie ou les produits de l’école du journalisme errant sans but ni attaches à la recherche de leurs prédecesseurs ou maitres malheureusement et trop top disparus, n’est-ce pas esprits de Jean Louis Bory, de Georges Charensol, de Henri Jeanson ?


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