Cette crise économique très déplaisante, qui s’approfondit de jour en jour, il faudrait reconnaître qu’elle est un phénomène économique banal, en tant que conséquence inévitable d’une longue manipulation du marché par les hommes politiques et donc comme un "juste" prix à payer. Les tentatives de ceux-ci pour faire porter le chapeau au marché, au lieu de le porter eux-mêmes, sont inacceptables et on doit les rejeter résolument.
Leurs activités visant à "réformer" le système économique, sont toutes extrêmement contestables et, comme je l’ai dit à Davos, ces réformes commencent à me faire plus peur que la crise elle-même.
Pour trouver les moyens d’en sortir, il faut - pour utiliser une analogie - distinguer strictement la lutte contre l’incendie de la mise au point d’une législation préventive contre l’incendie. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est se concentrer sur la première tâche, la seconde peut s’exécuter progressivement, sans précipitation ni panique. Accroître massivement le champ de la réglementation financière, comme on se propose de le faire aujourd’hui, ne fera que prolonger la récession.
La demande globale a besoin d’être soutenue. Une manière traditionnelle de le faire est d’accroître les dépenses publiques, principalement sur des projets d’infrastructure, à la condition qu’il y en ait de disponibles. Il serait pourtant beaucoup plus efficace d’entreprendre une réduction radicale de toutes sortes d’entraves aux initiatives privées imposées depuis un demi-siècle, pendant l’ère du « Meilleur des mondes », de l’« économie sociale et écologique de marché ».
La meilleure chose à faire tout de suite serait d’atténuer temporairement, voire définitivement, différentes "normes" sociales, de travail, d’environnement, de santé et autres, car c’est elles, plus que toute autre chose, qui bloquent l’activité des hommes. Lorsqu’il y a 20 ans le communisme tombait, je n’aurais jamais pensé subir un degré d’ingérence dans ma propre existence tel que je le subis aujourd’hui.
Vaclav Klaus, Président de la République Tchèque.
Voilà qui ne va pas dans le sens du désir d’infantilisation collectif. Qui ne va pas dans le sens de cette schizophrénie très moderne qui consiste à sans cesse critiquer le politique et pourtant à tout attendre de l’état. Relisons : cette crise est un phénomène économique banal, en tant que conséquence inévitable des manipulations des hommes politiques....
C’est l’économie "tamagoshi", l’économie pour les anges qui est responsable. Mais l’adulte/enfant piégé dans son désir de nourrissage, d’assistance ne peut le reconnaître. Alors fleurissent mille explications magiques, qui ont toutes en commun d’aller chercher à l’extérieur la ou les causes : bouc-émissarisation.
Bonne journée, et bon biberon.