La remarque de Stephan m’a fait chercher les « connaissances scientifiquement validées » dont parle l’article. Je n’y connais pas grand chose en ondes et en téléphonie, mais j’aime comprendre et me faire une opinion à partir des sources.
Le sujet de l’article concerne le danger des antennes relais. Dans le premier paragraphe de l’article, l’auteur mentionne l’étude Interphone. Or, en cherchant succinctement, on découvre que l’objectif de l’étude Interphone est d’étudier s’il existe une relation entre l’usage du téléphone mobile et les tumeurs de la tête. Il ne s’agit donc pas dans cette étude de nocivité des antennes-relais.
Par ailleurs, en cherchant un tout petit peu plus, on apprend que l’étude Interphone n’est pas achevée et que ses conclusions ne seront publiées qu’en 2009. Dire que cette étude a été publiée est donc infondé. Par ailleurs, selon l’Institut national du cancer, les résultats des études réalisées dans chaque pays ne peuvent être interprétés qu’à la lecture des résultats d’ensemble. Si l’on analyse dans le détail les travaux qui constituent l’étude Interphone :
- Concernant l’étude israélienne : il n’y a pas, dans l’état actuel des connaissances, d’association prouvée entre le risque de développer une tumeur maligne et le téléphone portable.
- Concernant l’étude française : la puissance de l’étude est limitée et l’intervalle de confiance ne permet de tirer aucune conclusion solide.
- Concernant l’étude suédoise : ce travail n’apporte pas d’éléments nouveaux et souligne la nécessité d’avoir une durée de suivi supérieur pour obtenir des résultats solides.
- Concernant l’étude britannique : les connaissances actuelles ne permettent donc pas de se faire une idée précise des éventuels effets nocifs que l’utilisation du téléphone portable pourrait provoquer.
Et l’INC de conclure : aucune preuve scientifique ne permet aujourd’hui de démontrer que l’utilisation des téléphones mobiles présente un risque notable pour la santé, que ce soit pour les adultes ou pour les enfants. Le ministère souhaite toutefois que l’Organisation Mondiale de la Santé réalise rapidement une synthèse des résultats de l’ensemble du programme INTERPHONE afin d’en tirer des conclusions scientifiquement validées.
Ce qui signifie logiquement qu’en l’absence de synthèse, les conclusions ne peuvent être scientifiquement validées.
Voilà pour le premier paragraphe : les « connaissances scientifiquement validées » sur la nocivité des antennes relais concernent exclusivement les téléphones portables et, selon le ministère français de la Santé, ne seraient pas « scientifiquement validées ». Avant de me faire traiter de suppôt à la solde des entreprises de téléphonie et d’agent infiltré, je tiens juste à signaler que je suis technicien dans le domaine juridique et n’ai aucun préconçu ni aucune connaissance en matière scientifique, mais que je suis d’autre part un zététicien qui déteste prendre des vessies pour des lanternes et gober les lubies à la mode.