Sauf à considérer des lois iniques qui instituent une injustice à raison de l’individualité même des gens (croyances religieuses, convictions politiques, origines culturelles, « mœurs »…) et qu’il conviendrait de combattre sur plusieurs champs, dont celui des tribunaux, nationaux ou internationaux, force est de considérer que la plupart des discriminations dont sont victimes les individus ou même des groupes sociaux en entier sont des « faits culturels » relevant d’idéologies (politiques, religieuses…) bien précises.
Il est donc illusoire de s’imaginer que telle pratique, individuelle ou collective, discriminatoire sera abolie « par décret ». Prenons l’exemple du racisme :
Si la Loi peut « punir » telle ou telle acte raciste, elle ne peut aucunement interdire aux gens d’être raciste et ne peut donc pas éradiquer le racisme. Pire peut-être encore, l’interdiction de pratiques qualifiées de racistes, entraîne invariablement des contre-pratiques d’évitement qui sont difficilement qualifiables de racistes devant les tribunaux ; la bête immonde se tapit, se masque, apprend à ruser… mais ne disparaît pas et devient alors plus difficile à « chasser ». Mais la bête se nourrit aussi des revendications de « discrimination positive » et, a fortiori, des mesures discriminatoires prises en faveur de la catégorie d’individus qu’elle frappe de sa haine, en s’arc-boutant tout simplement sur les principes mêmes de la démocratie et, notamment, celui de l’égalité !
Il est ainsi paradoxal que les victimes d’une injustice et leurs avocats en appellent à une… discrimination « positive » alors même que leur victimisation résulte justement d’une… discrimination ! Il n’y a de Justice qu’unique, universelle. La Justice qui se décline différemment à raison de l’individualité des gens, parce qu’elle cesse d’être unique, universelle, n’est qu’injustices et, si elle prend « force » de Loi, elle n’est jamais que le bras (légalement) armé de… la tyrannie.
S’il peut occasionnellement être juridique (et, singulièrement, judiciaire), dès lors qu’il ne légalise pas une discrimination,l e combat contre l’injustice est social, culturel, idéologique…, politique : il n’est efficace que pour autant qu’il s’en prend aux causes du mal et non aux effets.
N’est-il pas paradoxal d’instituer des lois anti-discriminatoires qui ne sont en fait qu’une conception « curieuse » de la Justice ,justice théoriquement fondée sur la démocratie et donc lois forts éloignées d’une société dignement humaine,libre et égale ?