Je suis non-juif, et français. Jeune, j’ai été pro-Israël parce que socialiste, puis pro-palestinien parce que toujours socialiste. Comme beaucoup d’autres, j’ai cultivé les anticorps contre l’antisémitisme, cet vieille maladie du Monde. J’ai été internationaliste parce que mes parents ont soufferts des nationalismes, puis j’ai été antimondialiste parce que on m’a dit que le capital était apatride. En somme tous les vents d’opinion ont courbé le roseau de mon jugement.
Puis, avec les ans, je suis sorti de ma minorité, j’ai compris que on est libre parce que on a une maison qui s’appelle la nation. Que c’est parce que j’ai un chez-moi que je peux aller à la rencontre des autres.
Et puis, j’ai vu que certains n’avaient qu’une idée en tête, refuser cette maison à ceux dont les Romains ont débaptisé la terre.
Alors, je ne suis pas sioniste, parce que cette Nation là n’a pas plus d’importance que d’autres. Mais pas moins, non plus. Et que j’aimerai bien que l’on lui foute la paix, afin que je puisse m’en moquer, comme je me moque de la Suisse, de la Belgique ou du Vanuatu.
C’est qu’il y a quand même des choses plus importantes que la maison du voisin.