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jcm jcm 28 juin 2009 10:46

La dent peut-être un peu dure, « Le Furtif » ?

Ayant habité longtemps le Marais Poitevin j’ai vu se poursuivre une dégradation qui avait commencé avant mon arrivée et qui en fait une zone sèche encore parsemée ça et là de taches plus ou moins humides...

Au cours de ces dernières années la zone de La Grève sur Mignon n’a plus été navigable en été, par exemple.

Les nappes phréatiques sont régulièrement vidées en été par l’irrigation des maïs, que celle-ci soit autorisée ou non.

Une demande avait été faite aux autorités préfectorales : le retrait obligatoire des systèmes d’irrigation (ces grosses bobines de tuyaux que l’on voit partout) des parcelles lorsque l’on constatait une baisse des nappes et que la perspective de précipitations suffisantes à les recharger ne se profilait pas : cas d’une fin de printemps habituelle.

Cette demande n’a pas été satisfaite, et un promeneur nocturne pouvait constater que l’irrigation par aspersion crachait ses mètres cubes nonobstant toute interdiction.

Combien d’amendes dissuasives pour mettre fin à ces entorses ?

Probablement bien trop peu pour que ce pillage cesse...

Cette question des niveaux d’eau dans le marais a des impacts au delà de ses propres limites : le marais trop asséché ne permet pas de maintenir en toutes saisons des niveaux d’humidité (hauteur des nappes phréatiques) sur ses marges littorales.

Or il existe des zones de tourbes aux capacités filtrantes (région de Marsilly par exemple) qui permettent de relâcher dans la baie de l’Aiguillon des eaux de très grande qualité : ces tourbe laissées à des niveaux de siccité trop élevés se minéralisent, processus irréversible.

En quelques années on a donc perdu une part importante d’un phénomène naturel qui assurait une fonction capitale pour certains écosystèmes.

Et ne parlons pas des pesticides de toutes sortes utilisés dans le marais en quantités non négligeables qui transitent désormais beaucoup plus facilement vers l’océan...

Un océan sur lequel on peut se poser bien des questions : l’an dernier a été constatée une mortalité (environ 90%) des huitres de moins de 18 mois (du Portugal au nord de l’Europe), et il semble que le phénomène se reproduit cette année.

On ne sait (comme pour les abeilles) à quelle cause attribuer cette mortalité, mais il me semble que TOUT ce que l’on pourrait faire afin d’éviter d’augmenter les niveaux (élevés) de pollution de nos divers écosystèmes devrait absolument être entrepris sans tarder, même si cela nécessite certains changements de pratiques (agriculture dans le marais).

Car beaucoup de nos actes actuels pouraient avoir des effets à long terme redoutablement néfastes...


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