A propos du « A » de amour.....
Le grand amour c’est sublime et surtout possible !
Lecture critique de Jean GARNEAU et de son texte « Les mythes amoureux : le grand amour » en lien ci-après.
Jean Garneau se veut
critique du grand amour (1), un critique qui n’entend pas - du moins en
début d’introduction - se complaire à dévaloriser ce que les humains
estiment beau et grand . Ce qu’il fait quand même tout le long de ses
développements ! Ou est l’erreur ? En fait, il critique souvent à
raison des personnes qui n’ont jamais connu le grand amour, qui n’ont
fait que le rechercher !
Par grand amour il évoque l’amour
absolu, l’amour romantique, l’amour passion, sans préciser que ces
variétés d’amour se rencontrent dans le réel et pas seulement comme
« aspiration hors sol ». Autrement dit, le grand amour existe ou a existé
chez les personnes qui l’ont réellement vécu. Cela se voit dans leur
regard. Les personnes amoureuses portées par un amour transcendant et
partagé illuminent l’entourage de joie et de bonheur. Celles
et ceux qui ont connu le grand amour de leur vie savent toute la joie
et tout le bonheur que cet amour engendre et corrélativement tout le
malheur qui surgit lorsque la perte de ce grand amour survient.
Le réel comme point d’accord avec Jean Garnier.
Le grand amour
s’éprouve dans le réel. Je suis ici d’accord avec Jean Garneau
lorsqu’il écrit "Mais ces satisfactions ont une autre caractéristique
importante : elles sont bien réelles. Il ne s’agit pas de besoins qui
seront comblés éventuellement lorsque les circonstances (ou le
comportement de la personne) seront changés. Il s’agit de plaisirs qui
sont déjà présents, que nous éprouvons réellement". Et faut-t-il ajouter, ce n’est pas par son passage dans le réel qu’il perd de sa force et de sa grandeur, bien au contraire.
Les
grands amoureux trouvent toujours les moyens de se dire des mots doux à
longueur de journées mais ne n’est pas seulement une histoire de
communication ils arrivent toujours à se rencontrer régulièrement pour
éprouver leur amour dans le regard, le contact, la caresse. Bref ils
s’aiment de milles manières dans le réel et pas seulement dans
l’affection désincarnée ou le fantasme. Et si cela ne dure pas
nécessairement toute une vie cela peut durer fort longtemps ! C’est peu
de dire que ces amoureux s’en souviennent car bien souvent cette
période à été fort constructive de leur personnalité qui a pu ainsi
pleinement s’épanouir.
Le dosage entre satisfaction et angoisse.
Jean GARNEAU écrit "Dans ce qu’on appelle le grand amour, les
satisfactions sont souvent illusoires ou même inexistantes". Je pense
au contraire que les grandes satisfactions surgissent abondamment au
début lors de la phase fusionnelle des premiers mois mais qu’elles se
maintiennent à un haut niveau par la suite et ce parfois pendant
plusieurs années. Pour y parvenir il faut sans doute créer du manque et
de l’incertitude pour respecter la loi du désir et ne pas sombrer dans
le couple simplement et froidement cohabitant . Mais on sait que la
satisfaction va venir et pas dans plusieurs jours.
L’idée qui suit de Jean GARNEAU ne relève pas nécessairement du
grand amour : "On y aspire, on s’attend à ce que la satisfaction vienne
un jour. En attendant, on se satisfait de la joie d’être aimé, d’être
accepté ou même simplement d’être regardé par l’autre. C’est le fait
d’être choisi par cet être extraordinaire qui nous comble en
anticipation. Mais en réalité, nous vivons de l’angoisse, de la
fébrilité et de l’espoir bien plus que de la satisfaction". Il se
trompe car dans le grand amour il y a nettement plus de satisfaction
que d’angoisse. La fébrilité existe mais la rencontre est fréquente et
source de réelles satisfactions.
On peut d’ailleurs se demander de quellles satisfactions il s’agit ?
Les satisfactions comportent une dimension affective non palpable
quoique source de liens puissants. C’est bien ce qui explique que
l’attachement à la personne aimée séparée (ou décédée) perdure
plusieurs mois voire plusieurs années.
Christian DELARUE
Libres extraits de « Qui est l’autre ? » (de Robert MISRAHI), par Christian Delarue
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=47492
suivi du commentaire : par contraste :
LES COHABITANTS : AUCUNE PASSION, PEU D’AMOUR
http://www.redpsy.com/infopsy/grandamour.html