Mais on ne peut pas vraiment décrire l’influence américaine comme un rayonnement ; il s’agit plutôt d’un nivellement par le bas et d’une culture et d’un état d’esprit qui se sont imposés pour des raisons utilitaires. Dire que l’anglais n’est pas la langue de Shakespeare est presque une insulte, qui revient à nier les similarités entre la culture anglaise et française qui sont si proches à de nombreux égards : dans leur déférence aux auteurs classiques, aux poètes comme Byron ou Yeats, aux romanciers comme Joyce ou Beckett, aux innovateurs linguistiques comme Burgess. Elle est au meilleur d’elle-même aussi impénétrable et riche que le français de Proust et tout aussi exigeante. Non seulement l’anglais est la langue de Shakespeare, mais il reste encore à trouver un équivalent français au barde.