Ces trois séries de posts je m’en étais servis par le passé pour illustrer - au bout de plusieurs explications - les grandes erreurs que les non musulmans commettent en jugeant l’appréciation que les musulmans ont des notions de la destinée, du libre arbitre et du temps.
C’est ce qui arrive d’ailleurs très souvent : les non musulmans se projettent dans la peau des musulmans avec leurs propres visions personnelles très biaisées qu’ils portent sur l’islam et les musulmans (les médias et les orientalistes aidant), au lieu de chercher à s’enquérir plus sérieusement des réelles approches et explications que les musulmans ont de l’Islam, les pensent et les vivent très intimement.
Le présent article est d’ailleurs l’exemple le plus patent de ce genre de démarches biaisées, gauches et très très louches. Cet article est d’un ridicule je ne vous dis pas.
Conclusion (récupérée d’un développement plus long traitant ici de la destinée) :
Comme développé dans les trois parties supérieures, on en arrive à
comprendre que la conception que le musulman entreprend à l’égard de
Dieu, du temps et du destin est une conception non anthropomorphiste,
càd Dieu n’y est pas réduit à subir les contraintes qui appartiennent à
notre référentiel humain et à notre sphère, celle du Créé.
Le Créateur ne subit par le créé. Donc Dieu ne subit pas le
temps, chez lui le temps n’existe même pas. La destinée n’est que le
reflet logique de cet entendement : le passé le présent et le futur
liés à la sphère du créé sont écrasés chez le créateur.
Adhérer à cette vision très logique ne fait nullement sombrer le musulman dans le fatalisme.
Au contraire, le musulman n’est pas appellé en islam a être fataliste mais plutôt à être entreprenant.
A titre d’exemple je vous conterais cette anecdote bien réelle : un
bédoin, rentrant du désert, s’était présenté au prophète, et lui lança
"j’ai quelques affaires à régler, et je devrais garer ma chamelle en
quelque lieu, devrais-je l’attacher pour qu’elle n’ait pas à
s’échapper, ou devrais-je la laisser telle quelle et espérer en Dieu
qu’elle ne s’échappe pas ?« Tout en souriant le prophète lui répondit »attache là PUIS* porte ton espérance en Dieu".
* : à comprendre dans le sens de la simultanéïté.
En fait quand le musulman entreprend un projet et lance - avec - la fameuse interjection Incha-Allah
[si Dieu le veut], il entend qu’il fera tout ce qu’il serait en mesure
d’entreprendre pour réaliser la chose, tout en espérant qu’il n’y ait
pas un contretemps, un incident ou une complication [selon la Volonté
de Dieu] qui pourraient affecter l’aboutissement du projet.
Il n’y est aucun fatalisme passif, c’est une façon de rendre
hommage à la Majesté de Dieu qui orchestre tout l’univers, et de
reconnaître l’humilité du créé et la modestie de nos terrestres
desseins devant la Souveraineté du Créateur et devant les forces
majeurs qu’Il fait interposer des fois au travers de nos chemins (très égoïstes) comme
si pour nous rappeler à ne pas sombrer trop dans l’orgeuil et l’oubli
quand on s’éloigne trop de Lui.