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rocla (haddock) rocla (haddock) 13 février 2010 15:44

Certaines pratiques sociales instituent le tutoiement dans la communication, comme par exemple les radioamateurs, les enseignants, les militants politiques et syndicaux, les échanges sur forums Internet (pour un courrier électronique en revanche, cela dépend surtout de la manière dont on aborde la personne). La motivation informelle commandant le tutoiement dans ces contextes est que tous les membres de la communauté concernée sont des pairs, et dans ces cas l’usage du vouvoiement établirait une distance ou une hiérarchie.

La distinction T-V varie également en fonction de la zone francophone : un Québécois, par exemple, utilise plus facilement le tutoiement qu’un Français, alors qu’à l’inverse (voir ci-après) un Wallon l’utilise moins facilement ou fera varier cet usage selon des conditionnements contextuels très différents.

Français de Belgique [modifier]

En français de Belgique, l’usage est généralement le même que celui du français standard. Cependant, il existe des interférences linguistiques d’une part avec le néerlandais (et plus généralement avec les dialectes germaniques de la région) et le wallon[10] pouvant influencer le français parlé par les personnes dont le néerlandais ou le wallon est la langue maternelle ou en tous cas régulièrement pratiquée :

  • les Flamands dont le néerlandais est la langue maternelle, auront généralement tendance lorsqu’ils s’expriment en français à utiliser le tu en d’autres contextes (formel et informels) que cela ne se pratique par des personnes dont le français est la langue maternelle, de la même façon qu’ils l’utilisent pour gij/ge en néerlandais. S’en suit ainsi un tutoiement plus généralisé et plus rapide que pour la plupart des francophones. Un tu utilisé en contexte formel — qui pourrait paraître incorrect ou délibérément impoli pour des francophones natifs — sera « excusé » lorsque prononcé par un locuteur néerlandophone (généralement identifiable par l’accent ou d’autres « néerlandismes »).
  • en wallon, qui n’est plus utilisé qu’en contexte familier et informel, l’utilisation du vos (=vous) est l’usage, tant en contexte formel qu’informel. Il est y compris utilisé pour s’adresser aux animaux domestiques. Ti (=tu), au contraire, est vulgaire, et sera généralement mal et agressivement perçu par la personne à qui il est adressé. Il est régulièrement utilisé dans un contexte de colère. Cette influence du wallon sur tu et vous reste quelque peu, malgré la disparition du wallon en tant que langue de conversation. Ces usages ont tendance à disparaitre de par l’influence des médias employant des versions uniques pour les différents publics francophones.
En hongrois [modifier]

Il existe en hongrois une distinction d’une part entre deux niveaux de politesse en plus du tutoiement, d’autre part de formes permettant toujours de différencier le nombre des personnes auxquelles on s’adresse.


tutoiement « vouvoiement 1 » « vouvoiement 2 » verbe à la : 2e pers. 3e pers. 3e pers. Singulier te maga ön Pluriel ti maguk önök

On a donc six formes là où le français en a deux (tu, vous), l’allemand trois (du, ihr, Sie), l’espagnol standard quatre (tú, vosotros, usted, ustedes), l’anglais moderne une (you), et l’espéranto une (vi).

Remarques

  • le tutoiement (te/ti) est globalement d’emploi plus répandu qu’en français ;
  • le « vouvoiement 1 » utilisant maga/maguk est typiquement employé par respect de la distance existant entre des personnes qui ne se connaissent pas, mais dont on peut penser qu’elles pourraient se tutoyer, si elles se connaissaient ; l’usage du « vouvoiement 2 » n’est alors pas envisagé. Maga/maguk peut aussi, dans certains contextes, être employé avec une intention de mise à distance d’autrui qui relève d’une certaine rudesse ;
  • le « vouvoiement 2 » utilisant ön/önök, ressenti comme plus poli, est employé par égard à la position sociale de l’interlocuteur : âge, statut social, position hiérarchique ; mais cela ne signifie pas que la personne ainsi honorée doive tutoyer en retour. Le vouvoiement ön/önök est utilisé dans un milieu professionnel hiérarchisé, par exemple, entre enseignants d’université. En revanche, les enseignants et leurs étudiants se tutoient.

Grammaticalement, te et ti sont des pronoms personnels, tandis que maga, maguk, ön et önök sont traités comme des substantifs (noms). Maga/maguk est une forme également utilisée comme pronom réfléchi de troisième personne. Comme dans d’autres langues européennes (portugais, italien...), le vouvoiement est fréquemment exprimé par la reprise du titre porté par la personne, le verbe étant conjugué à la troisième personne : « Doktor úr szeretne még egy kávét ? » = « Monsieur le Docteur aimerait-il encore un café ? »

Dans une langue qui peut être considérée comme provinciale ou désuète, le verbe plaire (tetszik, « il (vous) plaît) est utilisé comme auxiliaire de vouvoiement : « Honnan tetszik jönni ? » = « D’où vous plaît-il de venir ? (D’où venez-vous ?) ». Cet usage est à l’origine de la forme figée tessék, universellement employé comme auxiliaire de vouvoiement de l’impératif : « Tessék leülni » = « Qu’il vous plaise de vous asseoir (Veuillez vous asseoir) ». On peut rapprocher ces usages du verbe plaire de la formule française de demande polie « S’il te plaît »/« S’il vous plaît ».

La langue plus ancienne faisait également usage de pronoms tels que kend, issu de kegyelmed = « ta grâce ».

En irlandais [modifier]

En irlandais, la distinction T-V dépend uniquement du nombre. « tú » (tu, prononcer tou) s’emploiera au singulier et « sibh » (vous, prononcer chive) s’emploiera au pluriel, sans notions de registres de politesse.[11]


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