Brèves /
Belgique : la dérégulation ferroviaire
imposée par l’UE tue
16 février 2010 - 14:05
16 février 2010 (Nouvelle Solidarité) — Une
collision violente entre deux trains de voyageurs, à une heure de grande
affluence, a fait au moins 18 morts et 150 blessés hier à Buizingen, à
15km au sud de Bruxelles.
Bien qu’il faille attendre les résultats de l’enquête sur les
circonstances exactes de ce drame, Gérard Gelmini, président de la
CGSP-cheminots, a mille fois raison de souligner que « nous sommes
dans un contexte de déréglementation du trafic ferroviaire européen
depuis la décision de libéralisation prise en 2005 par l’UE »
La Société nationale des chemins de fers belges (SNCB), tout comme la
SNCF, « subit une course à la productivité (…) On travaille a flux
tendu, avec des contraintes horaires de plus en plus dures pour le
personnel. Cela veut dire moins de temps de récupération entre deux
convois, moins de formation et moins de compagnonnage, ce temps pendant
lequel le nouveau conducteur est accompagné par un aîné chevronné ». Ainsi,
le syndicat dénonce le « rythme effréné, la charge psycho-sociale
très élevée ».
Pour sa part, Luc Lallemand, administrateur délégué d’Infrabel, la
société en charge de la gestion et de la maintenance de l’infrastructure
ferroviaire, a reconnu implicitement le sous-investissement dans la
sécurité en déclarant : « si on avait installé un système de freinage
automatique, le niveau de sécurité aurait été amélioré ».
Une fois de plus, on constate que faire prospérer une bulle
spéculative financière au détriment de l’économie réelle conduit
forcément à la ruine des infrastructures sociales (santé, éducation,
recherche) et physiques (transport, énergie, etc.) et se paie en vies
humaines. Le moment est donc venu d’agir en amont et de remettre
l’argent au service des hommes et de l’économie réelle.
Article :
Sur l’origine des catastrophes ferroviaires